La poésie n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale - Audre Lorde

La poésie n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitaleAudre Lorde

Cette phrase d’Audre Lorde a guidé la fabrication de la 36e édition du Festival Les Instants Vidéo. Car en effet « Elle génère la qualité de la lumière qui éclaire nos espoirs ainsi que nos rêves de survie et de changement, espoirs et rêves d’abord mis en mots, puis en idées, et enfin transformés en actions plus tangibles. La poésie est le chemin qui nous aide à formuler ce qui est sans nom, le rendant ainsi envisageable. Les horizons les plus lointains de nos espoirs et de nos peurs sont pavés de nos poèmes, taillés dans le roc des expériences de nos vies quotidiennes. À mesure que nous apprenons à les connaître et à les accepter, nos émotions ainsi explorées deviennent des terres sacrées et fertiles pour les idées les plus radicales et les plus audacieuses. »  

Dans le contexte actuel (baisse des financements pour la création artistique et la culture en général, rétrécissement des espaces de liberté d’expression et montée des totalitarismes, communs d’humanité sous le joug de la globalisation) il y a nécessité d’écouter le tonnerre, d’explorer les inattendus et de créer des porosités entre les univers. 

Prašina / Filip Markovinović (Serbia)

Pour les 60 ans de la naissance de l’art vidéo, nous vous donnerons à voir un panorama de la création artistique internationale, poélitique, parfois brûlante, organique, généreuse, grave ou joyeuse : 167 œuvres en provenance de 45 pays. La poésie est un outil des plus efficaces pour se connecter à ses émotions (joie, peur et colère), les reconnaitre et ainsi avoir de la clarté sur ce qui nous entoure puis mettre des mots, sur les peurs comme sur les espoirs. Le festival sera jalonné de temps de rencontres, de discussions, de convivialité offrant un écrin de bienveillance pour accueillir nos échanges de mots et pensées.

Nos échappées belles font fi des frontières et elles nous transporterons à Milan, en Jordanie, en Palestine. Le festival sillonnera aussi notre territoire d’ancrage (Ecole Supérieure d’art d’Aix en Provence, Mairie du 1/7, Bibliothèque de l’Alcazar, Archives Départementales, Vidéodrome 2).

D’autres « fraternités imprévisibles et transversales » autour des arts vidéo seront à vivre lors de l’ouverture du festival à la Friche, avec la programmation concoctée par les programm’acteur·rice.s (des habitant·e·s de Marseille), ou dans les galeries populaires éphémères, 3 expositions au coeur de structures sociales.

Wandel / Maria-Korporal (Allemagne)

Cette nécessité vitale a aussi fourni un angle de réflexion qui nous a donné envie de convier d’autres festivals à une conversation autour du rôle des festivals. En effet, n’étant ni des marchés de création en tournée ni des institutions muséales, les festivals sont pour nous des lieux d’audace artistique et poétique, de collaboration, de rencontres et d’échanges, de rendez-vous d’où l’on sait que l’on reviendra changé.e, enrichi.e, d’expériences à la fois collectives et intimes. Ce sont des lieux d’hospitalité en actes, des ouvertures au monde, « des parenthèses enchantées, des mondes d’utilité sociale, des petites républiques éphémères » comme le dit Emmanuel Négrier.

Et pour se sentir plus fort.e.s, nos amitiés videopoétiques nous ont conduit à proposer 3 cartes blanches à 3 festivals d’art vidéo : le Cairo Video Festival (Egypte), Limited Access Festival (Iran) et Vidéoformes (Clermont-Ferrand).  

La poésie permet d’échapper aux injonctions extérieures et de reconquérir sa liberté nous dit Audre Lorde. Tout comme la chanson populaire. Qu’est-ce qui se déplie lorsqu’on accole populaire à art vidéo ? Venez donc écoutez – voir nos propositions, toutes introduites par une chanson populaire.

Vous êtes les bienvenu.e.s.
Planets and robots / Julius Zubavičius & Antanas Skučas (Lituanie)