Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance

Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance

2024 | 20'15 | Suisse

  • Expo Friche | 17 oct 2025 – 11 jan 2026
  • Gabriela Löffel

« Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance » est une œuvre vidéo hybride, qui alterne des moments de performance dansée, des images d’archives et des citations textuelles. Gabriela Löffel s’appuie sur l’aspect politique de l’espace public pour construire sa réflexion et développe un essai visuel qui met en scène la « performativité des corps dans cette zone d’action politique ». En puisant dans l’œuvre écrite de Judith Butler, philosophe et théoricienne du genre états-unienne qui a travaillé sur la question du corps et de sa représentativité normée dans nos sociétés contemporaines, Löffel donne véritablement une corporéité aux questions soulevées par l’auteure. Les citations issues de l’œuvre de Butler sont données à voir en parallèle aux éléments dansés et archivistiques de la vidéo. La caméra presque fixe permet d’examiner en détail les gestes lents et précis des danseur·euse·s. Les déplacements de l’appareil sont presque imperceptibles, tant ils sont subtils. L’artiste et le chorégraphe Cédric Gagneur ont étroitement collaboré afin de définir les divers mouvements qui composent la chorégraphie : ils proposent une abstraction des gestes de résistance ou de révolte, tirés des images d’archives issues de la collection des Archives contestataires de Genève. La lenteur et le silence habitent la pièce et donnent suffisamment d’espace au corps pour qu’il puisse se déployer de manière individuelle ou en collectivité. L’œuvre propose ainsi une dialectique du potentiel de revendication dans l’espace public.

Œuvre coproduite par le Fonds cantonal d’art contemporain, Genève, avec le Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève pour le programme MIRE.

« We do not have to know each other in advance » is a hybrid video work that alternates moments of dance performance with archive footage and textual quotations. Gabriela Löffel draws on the political aspect of public space to construct her thinking, developing a visual essay that stages the ‘performativity of bodies in this zone of political action’. Drawing on the written work of Judith Butler, an American philosopher and gender theorist who has worked on the question of the body and its normalised representativeness in contemporary society, Löffel gives corporeality to the issues raised by the author. Quotations from Butler’s work are shown alongside the danced and archival elements of the video. The almost fixed camera allows us to examine in detail the slow, precise movements of the dancers. The camera’s movements are almost imperceptible, so subtle are they. The artist and choreographer Cédric Gagneur worked closely together to define the various movements that make up the choreography: they propose an abstraction of gestures of resistance or revolt, drawn from archive images from the collection of the Archives contestataires de Genève. The piece is inhabited by slowness and silence, giving the body enough space to unfold individually or collectively. The work offers a dialectic of the potential for protest in the public space.  

Co-produced by the Fonds cantonal d’art contemporain and the Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève for the Mire program.

Gabriela Löffel (née en 1972) travaille principalement avec des médias temporels et se concentre sur les zones des structures et infrastructures politiques et financières. Déplacer et traduire de l’immédiat documenté vers les champs de l’interprétation et de la mise en scène sont des stratégies qu’elle utilise dans son processus de travail. Une méthode qui donne souvent lieu à des projets à long terme et lui permet de créer des espaces de questionnement et de proposer des ruptures avec les récits linéaires. Elle s’intéresse à l’obliquité du sujet et de son contexte. C’est dans cet écart, engendré par sa manière d’aborder les sujets, que son travail ouvre une réflexion sur la façon dont nous comprenons un monde lorsque nous prenons conscience de la fragmentation de nos connaissances.

Gabriela Löffel (*1972 ch) mainly works with time-based media and focuses on the zones of political and finance structures, and infrastructures. Shifting and translating from the documented immediate to the fields of interpretation and mise-en-scène are strategies she uses in her work process. A method that often results in long-term projects and enables her to create spaces for questions and to propose disruptions to linear narratives. She is interested in the obliquity of the subject and his context. It’s in this gap, brought about by her way of addressing subjects, that her work opens onto reflections on the sense of how we understand a world when we become conscious of the fragmentation of our knowledge.

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