L’art vidéo sera fait par tous et pour tous !
Le cri de Isidore Ducasse, auteur du Chant de Maldoror, « la poésie sera faite par tous et pour tous » désigne un horizon qui ne perdra jamais de son actualité. La tension « utopique » d’une telle affirmation idéale où chacun quelles que soient sa condition sociale, ses prédispositions physiques et intellectuelles sera à la fois créateur et récepteur, ne doit pas nous dispenser d’œuvrer en ce sens. Les classes dominantes ont toujours tenté de poser des limites entre l’Art pratiqué par une caste d’artistes reconnus comme tels par des personnes « autorisées » (critiques, marchands, institutions) et les autres pratiques jugées péjorativement « amateurs ». Il en va de même pour les destinataires des œuvres d’art. De nombreux programmateurs ou commissaires d’expositions considèrent soit comme André Malraux que la rencontre entre l’œuvre et le spectateur ne peut être que du même type qu’une extase survenue quand un individu pénètre dans une cathédrale, soit que des choix appropriés doivent être faits selon si on s’adresse à un public populaire ou à une élite intellectuelle.
Nous pensons qu’aucune de ces options n’est valable. Il importe de créer expérimentalement (car il n’y aura jamais de solutions définitives et adaptées à toutes les situations) les conditions d’une rencontre possible entre l’œuvre et le spectateur. C’est ce à quoi les Instants Vidéo s’emploient, pas à pas, en amont et pendant le festival.
Le festival comme lieu de rencontre
Notre intime conviction est qu’en multipliant des possibilités de rencontres entre des univers aussi différents que ceux du travail social, de la culture, de l’art, des étudiants, des médias, des enseignants, des demandeurs d’emploi, des précaires, des migrants…, un dialogue social (même conflictuel) qui fait de plus en plus défaut aujourd’hui peut se réamorcer. Si l’art ne doit en aucun cas être instrumentalisé à des fins pédagogiques, thérapeutiques ou comme moyen d’insertion sociale, il peut cependant ouvrir les portes du désir d’inventer collectivement de nouveaux modes d’existence.
Cette année, 4 structures sociales partenaires nous font confiance.
Il y a d’abord l’ADPEI, acteur majeur de l’économie sociale et solidaire qui œuvre depuis 27 ans sur le territoire de Marseille, auprès de personnes en situation de précarité sociale ; et une coopération de plus de 7 ans avec nous. Le festival prend donc ses aises ici en lançant officiellement l’évènement avec une Conférence de Presse le 27 octobre, puis avec le premier vernissage d’installations du festival le 5 novembre : l’ADPEI transforme un espace en véritable galerie pour y accueillir 2 œuvres pendant presque un mois (de la québécoise Chantal duPont et de l’allemand Ralph Kistler). Le 9 novembre, une rencontre entre l’artiste Ralph Kistler, les salariés en insertion, les travailleurs sociaux et l’équipe des Instants vidéo sera ouverte au public. Enfin, une visite dialoguée des expositions à la Friche sera organisée pour un groupe « d’usagers » de l’ADPEI. (18 bd Camille Flammarion 13001)
ADPEI
SARA (Service d’accueil et de réinsertion des adultes) à pour objectif depuis plus de 20 ans la lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. Son action sociale est large (urgence, hébergement, accompagnement social, professionnel, lutte contre l’isolement…) et s’adresse selon, aux familles, aux personnes demandeurs d’asile, réfugiées, sans abri… L’Accueil De Jour Crimée prend le risque de la rencontre avec l’acte artistique en ouvrant ses portes à une œuvre poétique et magique de Dominique Comtat pendant presque un mois. (5 rue de Crimée 13003 Marseilles)
SARA
