{"id":490,"date":"2013-05-29T21:50:39","date_gmt":"2013-05-29T20:50:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/fr\/?p=490"},"modified":"2013-10-01T09:59:04","modified_gmt":"2013-10-01T08:59:04","slug":"publication-mouvement-avril-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/2013\/05\/publication-mouvement-avril-2013\/","title":{"rendered":"Presse &#8211; revue Mouvement"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\">Article de Lise Ott paru dans la revue <a href=\"http:\/\/www.mouvement.net\" target=\"_blank\">Mouvement<\/a><!--more--> (avril 2013)<\/p>\n<p><strong>Un art po\u00e9litique<\/strong><br \/>\n<strong> Paik Nam June \/ Michel Jaffrennou \/ Bill Viola<\/strong><br \/>\n\ufffc\ufffcLongtemps, on s\u2019est interrog\u00e9 sur son statut. De Tokyo \u00e0 Marseille, on c\u00e9l\u00e8bre aujourd\u2019hui les 50 ans de l\u2019art vid\u00e9o. Un anniversaire qui, loin d\u2019\u00eatre strictement comm\u00e9moratif, rencontre de nouvelles ramifications dans l\u2019espace m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<p>Cela se passait en f\u00e9vrier dernier. Sur une initiative de la tr\u00e8s dynamique association marseillaise Les Instants Vid\u00e9o, \u00e0 l\u2019Institut fran\u00e7ais de Tokyo, on f\u00eata les 50 ans de l\u2019art vid\u00e9o, \u00ab un art qui ne cesse d\u2019inventer de nouvelles formes et de nouvelles approches des r\u00e9a\u200blit\u00e9s complexes de ce monde en pleine mutation politique, sociale, culturelle et technologique \u00bb. Bien s\u00fbr, la dimension technologique et \u00e9conomique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00a0n\u2019\u00e9chappait \u00e0 personne, surtout au Japon o\u00f9, voici tout juste 50 ans, la soci\u00e9t\u00e9 Sony mettait sur le march\u00e9 la premi\u00e8re cam\u00e9ra l\u00e9g\u00e8re qui allait bouleverser le rapport de l\u2019art \u00e0 la vid\u00e9o, dont le Cor\u00e9en Nam June Paik (1932-2006) a \u00e9t\u00e9 la figure pionni\u00e8re.<\/p>\n<p>Comme par un effet de concat\u00e9nation, d\u2019autres \u00ab c\u00e9l\u00e9brations \u00bb sont organis\u00e9es en Europe, cette ann\u00e9e, et on y retrouve d\u2019ailleurs la marque d\u2019Instants Vid\u00e9o. A Li\u00e8\u200bge, en mars, le cin\u00e9ma Sauveni\u00e8re accordait une carte blanche aux Productions Argos, \u00e0 l\u2019association Vid\u00e9ographie et aux m\u00eames Instants Vid\u00e9o, afin d\u2019inscrire l\u2019\u00e9v\u00e9nement anniversaire dans sa \u00ab volont\u00e9 [depuis 2007] de servir de vitrine aux capitales europ\u00e9ennes de la culture \u00bb. En mai prochain, la Biennale in\u200bternationale d\u2019Art M\u00e9dia au WRO Art Center de Wroc\u0142aw, en Pologne, mettra en exergue cette date anniversaire au programme de sa 15e \u00e9dition, comme pour ancrer \u00ab les nou\u200bvelles performances audiovisuelles \u00bb dans une modernit\u00e9 historiquement fond\u00e9e sur les nouvelles technologies. Par le biais des artis\u200btes choisis, le Canada, l\u2019Australie, l\u2019Allema\u200bgne, la Suisse et m\u00eame la Syrie sont associ\u00e9s \u00e0 cette manifestation. Enfin, en novembre prochain, l\u2019\u00e9v\u00e9nement sera reconduit sous un format diff\u00e9rent \u00e0 la cit\u00e9 phoc\u00e9enne dans le cadre de Marseille-Provence 2013.<\/p>\n<p>A l\u2019image de sa c\u00e9l\u00e9bration mondiale et \u00e0 l\u2019instar de son premier usager, Nam June Paik, d\u00e9sormais qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab artiste global \u00bb, l\u2019emploi de la vid\u00e9o serait-il parvenu \u00e0 d\u00e9placer bien au-del\u00e0 de la sph\u00e8re artis\u200btique l\u2019usage qui en a \u00e9t\u00e9 fait, il y a 50 ans par des artistes pionniers ? Ou a-t-il, au contraire, contribu\u00e9 \u00e0 la formation d\u2019un art \u00e0 part enti\u00e8re, dont il convient de r\u00e9exami\u200bner l\u2019histoire ? A moins qu\u2019il ne soit devenu, plus simplement, un outil sp\u00e9cifique atta\u200bch\u00e9 \u00e0 des modes de repr\u00e9sentation in\u00e9dits avant lui, au point de constituer aujourd\u2019hui l\u2019un des m\u00e9diums, mais pas le seul, utilis\u00e9s par les artistes contemporains (1) ?<\/p>\n<p><strong>La T\u00e9l\u00e9, un instrument de contre-culture<\/strong><\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, la r\u00e9activation aujour d\u2019hui, de la m\u00e9moire d\u2019un demi-si\u00e8cle d\u2019art vid\u00e9o permet simultan\u00e9ment de nouvelles voies d\u2019exploration. Et le champ est vaste, car l\u2019usage m\u00eame de la vid\u00e9o s\u2019est diversifi\u00e9. La miniaturisation et l\u2019acc\u00e8s de plus en plus r\u00e9pandu au t\u00e9l\u00e9phone portable ainsi qu\u2019\u00e0 ses fonctionnalit\u00e9s visuelles en font un ph\u00e9nom\u00e8ne de soci\u00e9t\u00e9, quand les nouvelles possibilit\u00e9s offertes par l\u2019\u00e9cono\u200bmie de l\u2019information ont parfois des inci\u200b- dences esth\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Par effets de capillarit\u00e9 et de contigu\u00eft\u00e9 propres au caract\u00e8re quasi in\u00e9vitable de la transdisciplinarit\u00e9, marque indicielle du fait contemporain, cette \u00ab production visuelle \u00bb gagne en effet en tous les domaines de cr\u00e9ation, et bouscule les codes et les formats des mass media. Dans un num\u00e9ro hors-s\u00e9rie d\u2019octobre 1981 (devenu collector) des Cahiers du Cin\u00e9ma, intitul\u00e9 \u00ab Vid\u00e9o Art Explora\u200btions \u00bb, Jean-Paul Fargier indiquait que, si \u00ab le champ vid\u00e9o [comporte des] fronti\u00e8res encore instables et contestables \u00bb, son \u00ab territoire \u00bb se trouve cependant d\u2019embl\u00e9e consolid\u00e9 par un certain nombre de \u00ab places fortes \u00e0 partir desquelles s\u2019organisent des raids contre la t\u00e9l\u00e9vision \u00bb.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, le moment inaugu\u200bral du 11 au 20 mars 1963, o\u00f9 Nam June Paik pr\u00e9senta sa premi\u00e8re exposition Music-Elec\u200btronic Television \u00e0 la galerie Parnass de Wup\u200b- pertal, marque sans doute les fondements historiques d\u2019un courant de pens\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9 avec le mouvement Fluxus, dont le premier concert eut lieu \u00e0 Wiesbaden en septembre 1962. Mais les treize postes de t\u00e9l\u00e9vision de Paik aux circuits \u00e9lectro\u200bniques modifi\u00e9s pour g\u00e9n\u00e9rer eux-m\u00eames des images, r\u00e9pondent aussi \u00e0 d\u2019autres questionnements ant\u00e9rieurs (notamment \u00e0 celui de l\u2019Anglais Richard Hamilton qui, en 1956, incorpore l\u2019\u00e9l\u00e9ment t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 ses peintures-collages, ou au geste de l\u2019Am\u00e9ri\u200bcain Edward Kienholz qui, en 1961, utilise le meuble de t\u00e9l\u00e9vision lui-m\u00eame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses assemblages) et post\u00e9rieurs (comme Headgame Zone de Ros Barron en avril 1969, qui retransmet dans le t\u00e9l\u00e9viseur l\u2019image m\u00eame du spectateur-visiteur).<\/p>\n<p>Le \u00ab tout-t\u00e9l\u00e9 \u00bb induit des postures relation\u200bnelles, traqu\u00e9es comme autant d\u2019indices d\u2019une invasion programm\u00e9e de l\u2019espace mental \u00e0 des fins de marchandisation de l\u2019esprit et du corps (les TV-Sculptures de l\u2019Allemand Wolf Vostell, cercl\u00e9es de barbel\u00e9s ou coul\u00e9es dans du b\u00e9ton, en d\u00e9noncent l\u2019objectif). Etrangement, c\u2019est dans les r\u00e9\u200bflexions men\u00e9es bien plus tard par des cho\u200br\u00e9graphes que l\u2019installation <em>TV Bed<\/em> de Paik, montr\u00e9e en 1972 au Mus\u00e9e d\u2019art d\u2019Everson (\u00e0 Syracuse, aux Etats-Unis), semble avoir trouv\u00e9 un \u00e9cho pertinent. Avec h\u00e9\u00e2tre-\u00e9l\u00e9vi\u200bsion (2002), Boris Charmatz proposait ainsi une \u00ab pseudo-performance \u00bb qui questionnait les modes de repr\u00e9sentation de la danse dans la t\u00eate du spectateur, tout en d\u00e9pla\u00e7ant l\u2019utilisation d\u2019un m\u00e9dium dont l\u2019usage qu\u2019en firent les chor\u00e9graphes, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980, oscillait entre le simple enregistre\u200bment de mouvements et la production de films. De la m\u00eame mani\u00e8re, et en d\u00e9pit des critiques dont elle fit l\u2019objet, on pourrait dire aujourd\u2019hui que la s\u00e9rie \u00ab Family of Robot \u00bb du m\u00eame Paik, pr\u00e9sent\u00e9e en 1986, a ouvert une perspective pour des cr\u00e9ations chor\u00e9graphiques inspir\u00e9es par la question du rapport \u00e0 l\u2019\u00e9lectronique, telles <em>I Love my Robots<\/em> (2007) de Trisha Brown, ou encore <em>Robot !<\/em> (2013) de Blanca Li.<\/p>\n<p>Pourtant, au commencement, il y a \u00ab d\u2019abord du son \u00bb, dit Jean-Paul Fargier en 1988, et de l\u2019image, c\u2019est-\u00e0-dire de la po\u00e9tique, sugg\u00e8re Michel Jaffrennou (2). Avec <em>Matrix I<\/em> (1970), le couple islando-tch\u00e8que Steina et Woody Vasulka n\u2019a pas seulement construit des murs de t\u00e9l\u00e9vision, insistant ainsi sur la mise en sc\u00e8ne d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de consom\u200bmation agie par le virtuel et la science-fic\u200btion. Il d\u00e9termine aussi un dispositif apte \u00e0 dessiner les contours d\u2019un environne\u200bment de projection d\u2019images mentales en mouvement. Ce qui suit rel\u00e8ve en quelque sorte d\u2019une interrogation des espaces de la repr\u00e9sentation. A la d\u00e9figuration du rapport frontal soulign\u00e9e par le fameux TV As a Fire\u200bplace de Jan Dibbets, diffus\u00e9 sur les canaux de WDR 3 en Allemagne en 1969, succ\u00e8dent des exp\u00e9riences originales qui inscrivent au c\u0153ur de l\u2019espace t\u00e9l\u00e9visuel des trou\u00e9es esth\u00e9tiques, motiv\u00e9es par les possibilit\u00e9s technologiques.<\/p>\n<p>De 1976 \u00e0 1986, diffus\u00e9e sur les antennes de la RTBF, <em>Vid\u00e9ographie<\/em> est la premi\u00e8re \u00e9mission en Europe enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019art vid\u00e9o. Mais celui-ci \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00ab dans la bo\u00eete \u00bb avec Jean-Christophe Averty, surnomm\u00e9 le \u00ab M\u00e9li\u00e8s de la T\u00e9l\u00e9 \u00bb, qui mul\u200btiplie tout au long des ann\u00e9es 1970 et 1980, sur les antennes de FR3 et de la Sept, de drolatiques compositions graphiques et se livre \u00e0 des cr\u00e9ations d\u2019inspiration surr\u00e9a\u200bliste comme le fameux D\u00e9sir attrap\u00e9 par la queue de 1988, pi\u00e8ce en six actes de Picasso. La m\u00eame ann\u00e9e, Michel Jaffrennou con\u00e7oit Vid\u00e9op\u00e9rette, produit par Canal+, pour diff\u00e9\u200brents m\u00e9dias (livre, bande vid\u00e9o, estampes, disque). En 1982, il avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 ses Vid\u00e9oflashs, petits interm\u00e8des con\u00e7us dans un esprit humoristique et po\u00e9tique. \u00ab Le temps n\u2019est plus aux \u201c\u0153uvres pour la post\u00e9rit\u00e9\u201d. Il y avait les artistes t\u00e9moins de leur temps, il y a mainte\u200bnant les artistes t\u00e9moins de l\u2019instant \u00bb, d\u00e9clarait-il, et \u00e0 l\u2019intention de son interlocuteur, il ajoutait : \u00ab De plus, une quelconque information se superpose \u00e0 quantit\u00e9 d\u2019autres. Tu n\u2019es jamais dans l\u2019unique. \u00bb Il ne croyait pas si bien dire&#8230;<\/p>\n<p><strong>La vid\u00e9o, une \u00e9criture po\u00e9tique<\/strong><\/p>\n<p>La po\u00e9tique vid\u00e9o sera aussi celle du \u00ab vid\u00e9o gag \u00bb, dont l\u2019audimat explose aujourd\u2019hui sur les r\u00e9seaux sociaux. Cet honni audimat qui, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, est jug\u00e9 comme \u00ab une tumeur \u00bb par Jaffrennou en 1988, est devenu un indice d\u2019inventivit\u00e9. L\u2019hilarant <em>Dog Duet<\/em>, que l\u2019Am\u00e9ricain William Wegman (alors enseignant en art conceptuel \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Wisconsin) imagine en 1975 avec son chien Man Ray, est aujourd\u2019hui en haut des box-offices&#8230; En 2009, Pascal Li\u00e8vre r\u00e9p\u00e8tera avec sa partenaire, Lola, les m\u00eames mouvements de t\u00eate de Man Ray en suivant la trajectoire d\u2019un objet invisible. A d\u00e9faut de post\u00e9rit\u00e9 v\u00e9ritablement reconnue, l\u2019art vid\u00e9o ancre ses origines du c\u00f4t\u00e9 du cin\u00e9ma muet et de sa veine burlesque (impossible de ne pas relever ici les gags ahurissants du Fran\u00e7ais Pierrick Sorin). Il faudrait cepen\u200bdant remonter encore plus avant dans le temps pour asseoir sa l\u00e9gitimit\u00e9 inventive : le 17 juin 1963, le philosophe Guy Debord, devenu dans les ann\u00e9es\u00a01980 le ma\u00eetre \u00e0 penser des \u00ab pubards \u00bb, peint \u00e0 l\u2019huile sur toile une \u00ab directive \u00bb proph\u00e9tique \u00ab D\u00e9pas\u200bsement de l\u2019Art \u00bb, qui n\u2019est pas sans conno\u200btation dada\u00efste, voire futuriste 3. D\u00e9sor\u200bmais, l\u2019art vid\u00e9o, pass\u00e9 \u00e0 travers le prisme populaire du video game, est devenu une \u00e9criture susceptible de d\u00e9busquer le r\u00e9el et de prendre d\u2019explosives r\u00e9solutions. Il en accompagne aussi d\u2019autres, \u00e9nonc\u00e9es dans des champs disciplinaires diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Pour le festival des Instants Vid\u00e9o, Marc Mercier a sign\u00e9 en novembre 2011 un \u00ab (M) \u00e9ditorial \u00bb sans ambages d\u00e9di\u00e9 aux \u00ab R\u00e9volutions po\u00e9tiques \u00bb \u00e0 venir. Elisant les pro\u200bpos des po\u00e8tes communards (Rimbaud, Verlaine, Cros) et du mouvement Zutiste, il d\u00e9cr\u00e8te, comme eux, \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 m\u00eame de dresser des barricades dans les faubourgs du langage \u00bb et r\u00eave de \u00ab porter outrage aux mots que les pouvoirs ont vid\u00e9s de leur sens, d\u00e9charn\u00e9s, d\u00e9samorc\u00e9s, insensibilis\u00e9s \u00bb. Il appelle \u00ab toutes les phrases, les mots, les lettres, les ponctuations, les images, les sons, les notes, les voix, les couleurs, les gestes&#8230; et tous ceux qui les produisent \u00e0 d\u00e9truire toutes formes d\u2019oppression. A cr\u00e9er des textes, des films, des peintures, des sculptures, des musiques&#8230; avec une libre autod\u00e9termination. \u00bb<\/p>\n<p>Dans sa ligne de mire, le cubo-futuriste V\u00e9limir Khlebnikov auquel le Vid\u00e9oPo\u00e8\u200bmeOp\u00e9ra <em>SqueeZangu\u00e9Za\u00f9m<\/em> de Gianni Toti rend hommage en 1988. L\u2019artiste italien, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2007, qui s\u2019est \u00e9lev\u00e9 contre le nazisme et le fascisme, a cr\u00e9\u00e9 le n\u00e9ologisme \u00ab poetronica \u00bb. Dans les ann\u00e9es 1990, afin de combiner les langages po\u00e9tiques et \u00e9lectro\u200bniques, il a initi\u00e9 une \u00e9troite collaboration avec le Centre international de cr\u00e9ation vid\u00e9o fond\u00e9 \u00e0 Montb\u00e9liard par Pierre Schaeffer. Avant d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des compositeurs les plus influents de la musique exp\u00e9rimentale et \u00e9lectroacousti\u200bque (les DJ de la techno lui doivent l\u2019inven\u200btion de la technique du sampling), ma\u00eetre de la musique concr\u00e8te, Schaeffer a cofond\u00e9, entre 1936 et 1940, notamment avec Olivier Messiaen, la soci\u00e9t\u00e9 de la Jeune France orient\u00e9e vers le th\u00e9\u00e2tre, les arts visuels et la musique, plus tard impliqu\u00e9e dans la d\u00e9\u200bnonciation du r\u00e9gime de Vichy. Nous voil\u00e0 de plain-pied avec le \u00ab projet po\u00e9litique \u00bb des Instants Vid\u00e9o. Mieux encore, par ces rapprochements avec l\u2019esprit du temps, la vid\u00e9o a d\u00e9plac\u00e9 son questionnement sur les modes de repr\u00e9sentation. Appara\u00eet alors la figure de l\u2019artiste usant de la vid\u00e9o comme d\u2019un moyen pour faire plonger le spectateur dans un univers aux ramifications philoso\u200bphiques et existentielles.<\/p>\n<p><strong>Un rapport imaginaire et critique<\/strong><\/p>\n<p>Dans <em>The Reflecting Pool<\/em> (1979) tout comme dans <em>Ancestors<\/em>, une vid\u00e9o plus r\u00e9cente (2012), l\u2019Am\u00e9ricain Bill Viola expose les ph\u00e9nom\u00e8nes de r\u00e9miniscences \u2013 apparition, disparition \u2013 qui irriguent notre rapport imaginaire au r\u00e9el. Le bassin d\u2019eau claire situ\u00e9 au milieu des arbres de la premi\u00e8re \u0153uvre, avec son bruit incessant d\u2019\u00e9coule\u200bment, offre une interface concr\u00e8tement vi\u200bsuelle de l\u2019univers mental et de son rapport au temps et \u00e0 la m\u00e9moire. Du brouillard et du d\u00e9sert, dans <em>Ancestors<\/em>, surgissent des migrants africains en partance pour l\u2019Oc\u200bcident, comme un retour sur l\u2019\u00e9migration initiale des hommes de la vall\u00e9e de l\u2019Omo. L\u2019artiste, qui a voyag\u00e9 en 1979 dans le d\u00e9sert du Sahara et en Tunisie pour filmer des mirages, pr\u00eate \u00e0 l\u2019image vid\u00e9o un statut optique qui rel\u00e8ve \u00e0 la fois de l\u2019illusion et du d\u00e9sir. Sur une voie parall\u00e8le et d\u2019une g\u00e9\u200bn\u00e9ration voisine, le Fran\u00e7ais Robert Cahen, compositeur form\u00e9 par Pierre Schaeffer avant de diriger entre 1973 et 1976 la re\u200bcherche en vid\u00e9o exp\u00e9rimentale \u00e0 l\u2019Institut national de l\u2019audiovisuel, cr\u00e9e des \u0153uvres comme <em>Fran\u00e7oise en m\u00e9moire<\/em> (2007) \u2013 portrait pour ainsi dire fixe d\u2019une dame \u00e2g\u00e9e prise \u00ab au bon moment \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 elle s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019autre \u2013 et <em>Traverses<\/em> (2002), o\u00f9 \u00ab des gens s\u2019avancent vers nous \u00e0 travers le brouillard \u00bb.<\/p>\n<p>Sans doute, la pens\u00e9e de ces deux artistes vise-t-elle l\u2019universel, mais la m\u00e9moire est aussi le terrain du politique. Aux croise\u200bments de la communication et de l\u2019art, son champ critique a souvent vers\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de la sociologie et du documentaire. Dans son livre <em>Pour comprendre les m\u00e9dias<\/em>, paru en France aux \u00e9ditions du Seuil en 1968, Marshall McLuhan notait : \u00ab A mesure que la prolif\u00e9ration de nos technologies cr\u00e9ait toute une s\u00e9rie de\u00a0nouveaux milieux, les hommes se sont rendu compte que les arts sont des \u201ccontre-milieux\u201d o\u00f9 des antidotes qui nous donnent les moyens de percevoir le milieu lui-m\u00eame. [&#8230;] L\u2019art vu comme contre-milieu ou antidote du milieu devient plus que jamais un moyen de former la perception et le jugement. \u00bb La didactique de l\u2019artiste vid\u00e9o repose aussi sur \u00ab ce que nous voyons \u00bb et \u00ab ce qui nous regarde \u00bb, selon l\u2019expression du philosophe Georges Didi-Huberman (4).<\/p>\n<p>Il est aussi le r\u00e9v\u00e9lateur des manipulations socio-\u00e9conomiques, cultu\u200brelles et politiques, \u00e0 l\u2019instar du Catalan An\u200btoni Muntadas, \u00e0 qui le Jeu de Paume vient de consacrer, sous le titre <em>Entre\/Between<\/em>, une importante r\u00e9trospective, cons\u00e9cutive \u00e0 celle du Centre d\u2019art Reina Sofia \u00e0 Madrid en 2012. Depuis 1974, date \u00e0 laquelle il cr\u00e9e l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re Canal local, t\u00e9l\u00e9vision alternati\u200bve \u00e9mettant \u00e0 Cadaqu\u00e9s, Muntadas a utilis\u00e9 diff\u00e9rents moyens d\u2019archivage (documents \u00e9crits, photos, extraits d\u2019\u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e) et r\u00e9alis\u00e9 des vid\u00e9os dans le but critique de mettre au jour des \u00ab contre-milieux \u00bb. Deux de ses vid\u00e9os, <em>Fear\/Miedo<\/em> (2005) et <em>Miedo\/Jauf<\/em> (2007), entreprennent ainsi le d\u00e9cryptage des ph\u00e9nom\u00e8nes de rejet et de peur suscit\u00e9s par le pouvoir sur le territoire des fronti\u00e8res de Tijuana\/San Diego et de Tanger\/Tarifa.<\/p>\n<p>Du reste, le questionnement des proc\u00e9dures didactiques est au centre de l\u2019art vid\u00e9o au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Dans <em>Sit Down And Fight<\/em> (2013), une oeuvre pr\u00e9sent\u00e9e au WRO Art Center de Wroc\u0142aw, l\u2019artiste polonais Leszek Knaflewski proc\u00e8de \u00e0 un \u00ab d\u00e9saveuglement \u00bb (5) des relations d\u2019autorit\u00e9, en soumettant \u00e0 l\u2019analyse et \u00e0 la critique certains mod\u00e8les dominants de la culture et de la soci\u00e9t\u00e9 polonaises. On se souviendra qu\u2019en 1989, avec Magister, le vid\u00e9aste belge Eric Duyckaerts proc\u00e9dait \u00e0 une parodie de diff\u00e9rents protocoles propres au milieu universitaire, dans son bureau ou dans un jardin public. A l\u2019origine de ces mises au point, il convient sans doute de pointer certaines exp\u00e9riences alternati\u200bves apparues aux Etats-Unis dans les ann\u00e9es 1970, comme celles du collectif Raindance avec Frank Gillette et Ira Schneider, ou encore celles du collectif Ant Farm, dont le happening<em> Media Burn<\/em> (1975) mettait en sc\u00e8ne une Cadillac lanc\u00e9e \u00e0 pleine vitesse contre un mur de t\u00e9l\u00e9vision : destruction totale ou destruction vou\u00e9e \u00e0 d\u00e9tourner les modes spectaculaires de la repr\u00e9sentation d\u2019un \u00e9v\u00e9nement ?<\/p>\n<p><strong>Nouveaux mouvements cr\u00e9atifs<\/strong><\/p>\n<p>Dans son essai <em>Subversive Strategies in the Media Arts : J\u00f3zef Robakowski\u2019s Found Footage and Video Scratch<\/em> (6), l\u2019historien et critique d\u2019art Lukasz Ronduda indique que le terme de \u00ab subversion \u00bb, de plus en plus usit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, \u00ab peut \u00eatre compris comme une m\u00e9thode ou une technique pour cr\u00e9er une \u0153uvre d\u2019art par la d\u00e9contextualisation et la recontex\u200btualisation d\u2019images existantes dans l\u2019art ou, plus largement, dans la culture visuelle \u00bb. L\u2019art vid\u00e9o aurait-il progressivement gliss\u00e9, dans certains cas, vers une pratique du sampling t\u00e9l\u00e9visuel (on constate de plus en plus d\u2019em\u200bprunts num\u00e9riques sur Internet), souvent associ\u00e9e aux vis\u00e9es d\u2019une contre-culture subversive, dont on se trouve encore \u00e0 l\u2019or\u00e9e ? De son c\u00f4t\u00e9, Bernard Stiegler ne craint pas de proph\u00e9tiser \u00ab que l\u2019on va voir ap\u200bpara\u00eetre des cr\u00e9ateurs vid\u00e9os non-professionnels qui seront \u00e0 l\u2019origine de nouveaux mouvements cr\u00e9atifs, comme cela s\u2019est pass\u00e9 pour la house music \u00bb (7).<\/p>\n<p>Quelques initiatives int\u00e9ressantes en ce sens, au croisement de la performance, de la danse et de la musique, seront montr\u00e9es en mai 2013 au WRO Art Center : Fragmen\u200bted Media cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Hambourg en 2002 par le groupe allemand incite\/, compos\u00e9 de Kera Nagel et Andr\u00e9 Aspelmeier ; la performance <em>Hermes<\/em>, le robot op\u00e9ra de l\u2019Allemand Karl Heinz Jeron, dont le livret est fond\u00e9 sur des fragments de conversations t\u00e9l\u00e9phoniques, mais aussi <em>The Pixelated Revolution<\/em> du Syrien Rabih Mrou\u00e9, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir de mat\u00e9riaux film\u00e9s sur des t\u00e9l\u00e9phones mobiles des civils syriens en pleine guerre civile.<\/p>\n<p>Sans que l\u2019on puisse faire l\u2019impasse sur son histoire (qu\u2019il suffise de penser \u00e0 l\u2019intense et\u00a0ancienne production cin\u00e9matographique \u00e9gyptienne), l\u2019espace m\u00e9diterran\u00e9en voit \u00e9merger depuis quelques ann\u00e9es une sin\u200bguli\u00e8re dynamique de cr\u00e9ation visuelle. Et si le champ du strict documentaire y reste dominant, Les Instants Vid\u00e9o pointeront sans doute, comme ils l\u2019ont fait \u00e0 Tokyo, son \u00e9largissement aux revendications politiques et f\u00e9ministes. Quelques points de rep\u00e8re : avec <em>Heavenly<\/em> (2010), le Palestinien Bashar Alhroub filme la transformation de souks en ruines, tandis qu\u2019un autre Palestinien, Sharif Waked, imagine dans <em>Chic Point<\/em> (2003) un d\u00e9fil\u00e9 de mode, au son de la techno, dont il double l\u2019expos\u00e9 frivole par un d\u00e9filement de photographies en noir et blanc r\u00e9v\u00e9lant les v\u00e9rifications d\u2019identit\u00e9 aux check points de Gaza ou de Ramallah (8).<\/p>\n<p>Les pr\u00e9occupations f\u00e9ministes trouvent \u00e9galement \u00e0 s\u2019exprimer par le biais d\u2019oeu\u200bvres vid\u00e9o. Apr\u00e8s <em>The Monoconcept<\/em> (2008), consacr\u00e9 \u00e0 la chanteuse F\u00e1tima Miranda, la Syrienne Nisrine Boukhari a propos\u00e9 en 2010 une installation pour la paix \u00e0 l\u2019Omi international Artists Residency de New York. On conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 assez bien Dansons (2003) de l\u2019Alg\u00e9rienne Zoulikha Bouabdellah dont l\u2019insolente danse du ventre questionne les tiraillements identitaires, mais il convient d\u00e9sormais de prendre aussi en compte l\u2019ins\u200btallation de la Marocaine Za\u00efnab Andalibe, pr\u00e9sent\u00e9e en mars-avril \u00e0 l\u2019Ecole des beaux-arts de Montpellier, dans l\u2019exposition col\u200blective Point de Mire con\u00e7ue par Ami Barak. A travers six portraits projet\u00e9s sur le mur, dont la disposition est un hommage aux installations des \u00e9metteurs TV des pionniers des ann\u00e9es 1970, l\u2019artiste fait entendre des t\u00e9moignages br\u00fblants qui rendent compte des interactions du politique et du religieux au Maroc et des menaces qu\u2019elles font peser sur l\u2019\u00e9mancipation des femmes.<\/p>\n<p>\u00ab Les premi\u00e8res applications d\u2019un m\u00e9dium nouvellement d\u00e9couvert refl\u00e8tent presque tou\u200bjours les techniques et les codes d\u2019utilisation du m\u00e9dium qui l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00bb, \u00e9crivait Dominique Belloir en 1981 dans les Cahiers du cin\u00e9ma. Le questionnement sur l\u2019outil t\u00e9l\u00e9vision, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960, a manifestement contribu\u00e9 \u00e0 confirmer ce point de vue sur une aventure qui ne s\u2019est \u00e9mancip\u00e9e de mani\u00e8re d\u00e9cisive qu\u2019\u00e0 partir des ann\u00e9es 1980, en croisant les champs de la musi\u200bque, de la danse et de la performance. Mais aujourd\u2019hui, apr\u00e8s 50 ans de d\u00e9frichages esth\u00e9tiques, les r\u00e9centes inflexions de l\u2019art vid\u00e9o manifestent une nouvelle pratique du documentaire, qu\u2019alimentent le d\u00e9tourne\u200bment d\u2019images archiv\u00e9es par des amateurs, tout autant que la miniaturisation des outils technologiques. Il n\u2019est pas indiff\u00e9rent que l\u2019actuelle redistribution des cartes (politi\u200bques, \u00e9conomiques, mais aussi bien celles du \u00ab r\u00e9gime de l\u2019art \u00bb) dont les \u00ab r\u00e9volutions arabes \u00bb ont ouvert le jeu, s\u2019accompagne d\u2019une \u00ab po\u00e9litique des images \u00bb dont l\u2019art vid\u00e9o semble rester un vecteur privil\u00e9gi\u00e9.<\/p>\n<p>Les Instants Vid\u00e9o num\u00e9riques et po\u00e9tiques f\u00eatent 50 ans d\u2019Art Vid\u00e9o, du 7 au 30 novembre \u00e0 Marseille.<\/p>\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/p>\n<p>1. On notera, \u00e0 ce titre, parmi les artistes invit\u00e9s \u00e0 la prochaine Biennale de Venise, la pr\u00e9sence du Fran\u00e7ais Neil Beloufa, dont les installations incluent des r\u00e9alisations vid\u00e9o au sein d\u2019assemblages composites.<br \/>\n2. \u00ab Michel Jaffrenou, artiste t\u00e9moin de l\u2019instant \u00bb, in Dossier : <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019un vid\u00e9aste ?<\/em>, Art Press n\u00b0 131, d\u00e9cembre 1988.<br \/>\n3. Cette Directive n\u00b0 1 a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans Le Monde, suppl\u00e9ment \u00ab Culture &amp; id\u00e9es \u00bb du 23 mars 2013.<br \/>\n4. Georges Didi-Huberman, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, \u00e9ditions de Minuit, Paris, 1992.<br \/>\n5. Le terme a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en 1991, \u00e0 l\u2019Onu, lors du second anniversaire de la Convention des droits de l\u2019enfant.<br \/>\n6. Texte accessible en anglais sur le site Internet du WRO Art Center (www.wrocenter.pl).<br \/>\n7. Art Press, Hors-s\u00e9rie n\u00b0 19, \u00ab Techno\/Anatomie des cultures num\u00e9riques \u00bb, 1998.<br \/>\n8. Il ne faut pas omettre \u00e0 cet \u00e9gard le r\u00f4le grandissant du m\u00e9dium documentaire, plus ou moins guid\u00e9 par le d\u00e9tournement, chez des artistes fran\u00e7ais. Dans <em>Terres arbitraires<\/em> (2010), Nicolas Clauss filme ainsi des gar\u00e7ons qui se rassemblent au bas de leurs barres d\u2019immeubles, seul territoire o\u00f9 \u00e9chapper aux contr\u00f4les policiers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article de Lise Ott paru dans la revue Mouvement<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":498,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-490","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/490","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=490"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/490\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":769,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/490\/revisions\/769"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/498"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=490"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=490"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=490"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}