{"id":2989,"date":"2017-06-30T08:51:06","date_gmt":"2017-06-30T07:51:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/fr\/?p=2989"},"modified":"2018-06-04T13:50:41","modified_gmt":"2018-06-04T12:50:41","slug":"le-festival-les-expositions-a-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/2017\/06\/le-festival-les-expositions-a-marseille\/","title":{"rendered":"Le Festival : les expositions \u00e0 Marseille"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.fracpaca.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #993300;\">FRAC PACA<\/span><\/a>, 20 Boulevard de Dunkerque 2e<br \/>\n2 au 5 novembre &#8211; 12h-19h (dimanche 12h-18h)<\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong><em>La chambre du cercle 1<\/em> \/ Lydie Parisse (France)<\/strong><br \/>\nEn partenariat avec <a href=\"http:\/\/www.la-marelle.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La Marelle<\/a>. Une installation visuelle et sonore qui pr\u00e9sente un retour sur ce que pourraient \u00eatre l\u2019enfance, toutes les enfances.\u00a0Comment avons-nous per\u00e7u le monde pour la premi\u00e8re fois\u00a0? De cette interrogation sur nos immersions premi\u00e8res est n\u00e9 un spectacle,\u00a0L\u2019Encercleur, texte inspir\u00e9 de l\u2019univers de Beckett (Entretemps, 2009) o\u00f9 les spectateurs traversaient trois cercles, jusqu\u2019\u00e0 \u00ab\u00a0la chambre du cercle 1\u00a0\u00bb, la derni\u00e8re avant l\u2019espace inaccessible appel\u00e9 \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dimanche 5 novembre \u00e0 17h, performance de l&rsquo;artiste suivie d\u2019une discussion avec Pascal Jourdana (La Marelle) et Marc Mercier (Instants Vid\u00e9o) sur le th\u00e8me \u00ab Po\u00e9sie et image, chambre et anti-chambre \u00bb.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/galerie-deux.tumblr.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #993300;\">Galerie DEUX [d\u00f8]<\/span>,<\/a> 2 rue de la biblioth\u00e8que, 1er<br \/>\n9 au 25 Novembre &#8211; Ouvert du mercredi au samedi de 14-18h<br \/>\nVernissage Mercredi 8 novembre \u00e0 18h<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Paysages inqui\u00e9tants<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A partir de quarante ans, on a la gueule qu\u2019on m\u00e9rite\u00a0\u00bb, disait le peintre Edgar Degas.<br \/>\nNos corps, attitudes et gestes ne nous sont pas donn\u00e9s \u00e0 la naissance. Ce sont des constructions, la plupart du temps sociales, qui doivent beaucoup \u00e0 nos conditions d\u2019existence. C\u2019est pourquoi, il faut regarder les corps comme des paysages, eux-m\u00eames incrust\u00e9s dans un paysage plus large.<br \/>\nLes deux \u0153uvres expos\u00e9es ici sont inqui\u00e9tantes, elles trahissent la hantise d\u2019une catastrophe imminente. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, elles nous font plaisir car elles en appellent \u00e0 notre \u00e9veil, \u00e0 notre vigilance, \u00e0 notre capacit\u00e9 \u00e0 intervenir. D\u00e9j\u00e0, en bannissant la notion d\u2019\u00ab\u00a0environnement\u00a0\u00bb qui sous-entend que l\u2019humain est au centre et que ce qui l\u2019entoure doit \u00eatre organis\u00e9 \u00e0 son profit. Du coup, notre puissance d\u2019agir ne doit pas \u00e9pargner l\u2019homme lui-m\u00eame.<br \/>\nAu-del\u00e0 des sujets abord\u00e9s dans ces travaux, nous pouvons aussi nous questionner sur les fonctions de l\u2019art quand l\u2019humanit\u00e9 manque de raisons d\u2019\u00eatre optimiste, de se r\u00e9jouir. Dans les temps d\u2019obscurit\u00e9 peut-on chanter\u00a0? On chante quand m\u00eame. On chante l\u2019obscurit\u00e9 des temps avec des mots et des images lucioles. Le d\u00e9sir humain se fraie toujours un chemin. Tant pis si \u00e7a fait d\u00e9sordre.<\/p>\n<p><strong><em>Are You Sleeping<\/em> (2&rsquo;19 \u2013 2017) \/ Hong Yane Wang (Chine \/ GB)<\/strong><br \/>\nDeux enfants jouent seuls dans un parc, dans leurs pays respectifs. Les deux portent le m\u00eame \u00e9norme masque anti-pollution. Alors qu&rsquo;on les voit jouer, nous les entendons chanter diff\u00e9rentes versions d&rsquo;une seule et m\u00eame chanson : Fr\u00e8re Jacques et Two Tigers en chinois. Les chansons se terminent toutes les deux par une forte respiration. En bas de chaque \u00e9cran, le dessin d\u2019une onde sonore qui monte et descend au gr\u00e9 de leurs chants et souffles, contient la m\u00eame gamme de couleurs que celle de l&rsquo;index de pollution de l&rsquo;air, et qui repr\u00e9sente la qualit\u00e9 de l&rsquo;air que nous respirons tous les jours.<br \/>\nLa pollution de l&rsquo;air est un probl\u00e8me \u00e9norme en Chine. P\u00e9kin est connue pour son incroyable taux de particules fines PM2.5. Mais la Chine n&rsquo;est pas seule. Le 15 f\u00e9vrier, l&rsquo;Italie, la France, l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Allemagne et le Royaume-Uni ont re\u00e7u de la part de la commission europ\u00e9enne le dernier avertissement par rapport \u00e0 la violation des limites de pollution de l&rsquo;air. Avec la mondialisation, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes communs. Si les gouvernements ne font pas assez pour r\u00e9duire la pollution de l&rsquo;air, l\u2019Europe de demain pourrait ressembler \u00e0 la Chine d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3077\" aria-describedby=\"caption-attachment-3077\" style=\"width: 522px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3077\" src=\"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/HongYaneWang_AreYouSleeping_2-1024x434.jpg\" alt=\"\" width=\"522\" height=\"221\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3077\" class=\"wp-caption-text\"><em>Are You Sleeping<\/em> (2&rsquo;19 \u2013 2017) \/ Hong Yane Wang (Chine \/ GB)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Drop Out Bodies<\/em> (17&prime; \u2013 2017) \/ Ludivine Large-Bessette (France)<\/strong><br \/>\nDans le silence et la monotonie d\u2019une r\u00e9sidence pavillonnaire, des hommes, des femmes, debout devant leurs maisons se mettent \u00e0 chuter de mani\u00e8re al\u00e9atoire et irr\u00e9vocable. De la d\u00e9couverte des interpr\u00e8tes fig\u00e9s \u00e0 leurs effondrements chor\u00e9graphi\u00e9s, le film questionne la fatalit\u00e9 du corps humain ainsi que notre \u00e9poque, nos responsabilit\u00e9s individuelles et collectives, par le biais d\u2019une r\u00e9interpr\u00e9tation contemporaine de la danse macabre du Moyen-\u00c2ge.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #993300;\">SARA<\/span>, 54a rue de Crim\u00e9e, 3e<br \/>\n10 novembre au 1er d\u00e9cembre &#8211; Ouvert 14h-17h les lundi, jeudi et vendredi<br \/>\nVernissage Jeudi 9 novembre \u00e0 16h<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tout le pouvoir \u00e0 l\u2019imagination\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>(Hommage \u00e0 St Joseph de Cupertino qui a \u00e9tabli un record dans les annales de la l\u00e9vitation et de l\u2019aviation: le seul \u00e0 avoir vol\u00e9 en arri\u00e8re.)<\/p>\n<p>Nous ne voyons pas tous la m\u00eame chose. Si le regard peut-\u00eatre transform\u00e9 par ce qu\u2019il voit, \u00e0 son tour il peut transformer ce qu\u2019il per\u00e7oit gr\u00e2ce au pouvoir de l\u2019imagination.<br \/>\nNous portons tous un regard sur les choses et les \u00eatres qui nous entourent. Pas seulement avec les yeux. Avec nos oreilles, notre nez, notre peau, notre m\u00e9moire\u2026 Ce que nous percevons change constamment. Nous aussi. Rien ne nous oblige \u00e0 subir ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous comme une \u00e9vidence, comme immuable.<br \/>\nNous pouvons donc \u00e0 notre guise d\u00e9fier les lois de la nature, enchanter notre quotidien, imaginer tous les possibles. Les enfants savent faire cela. Les artistes nous invitent \u00e0 ne jamais perdre cette facult\u00e9. Pour voir les mondes du monde, il faut changer d\u2019yeux. Pour que les oiseaux entendent notre chant, il faut changer de gorge. Pour ne pas sombrer dans l\u2019ennui, il faut faire feu de tout bois. Pour nous lib\u00e9rer de nos boulets, il faut d\u00e9sob\u00e9ir aux poids et aux mesures.<\/p>\n<p><strong><em>The subtle levitation of everyday objects<\/em> (2&rsquo;40 \u2013 2017) \/ Fran Orallo (Espagne\/Ecosse)<\/strong><br \/>\nLa vid\u00e9o fait appara\u00eetre une s\u00e9rie d\u2019objets que je fais l\u00e9viter. Un cendrier, une cafeti\u00e8re et une ampoule, qui d\u00e9fient les lois de la gravit\u00e9 et comme par magie commencent \u00e0 flotter.<\/p>\n<p><strong><em>The God of small things<\/em> (3&rsquo;10 \u2013 2017) \/ Fran Orallo (Espagne\/Ecosse)<\/strong><br \/>\nNous vivons trop vite pour voir les d\u00e9tails, pour appr\u00e9cier les petits moments. Dans cette vid\u00e9o, comme par magie, un vase commence \u00e0 tourner, un jeu d&rsquo;illusion transforme un objet de tous les jours, ou plut\u00f4t le d\u00e9place, le faisant dispara\u00eetre et appara\u00eetre sur diff\u00e9rents \u00e9crans, comme une m\u00e9taphore de ces petits objets\/d\u00e9tails, auxquels nous faisons peu attention. A travers cette vid\u00e9o, un objet absurde, inutile, devient un protagoniste de la magie, de l&rsquo;illusion.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #993300;\">ADPEI<\/span>, 18 bd Flammarion, 1er<br \/>\n10 novembre au 1er d\u00e9cembre &#8211; Ouvert 14h-17h les lundi, jeudi et vendredi<br \/>\nVernissage Jeudi 9 novembre \u00e0 17h30<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les actualit\u00e9s au c\u0153ur de l\u2019intime<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019homme tient pour intelligence, l\u2019usure de ses facult\u00e9s d\u2019indignation. II re\u00e7oit quotidiennement une radiation d\u2019informations qui au lieu d\u2019augmenter sa rage de vivre, gangr\u00e8ne les organes de sa sensibilit\u00e9 et de sa pens\u00e9e. Il perd courage. Il perd son temps. Il perd ses rep\u00e8res. Les images d\u2019une humanit\u00e9 qui souffre nous aveuglent, nous submergent, nous noient\u2026 La seule bou\u00e9e de sauvetage\u00a0: l\u2019indiff\u00e9rence\u00a0?<br \/>\nL\u2019artiste Cheryl Pagurek arrive au bon moment. Les images d\u2019actualit\u00e9 qui ont circul\u00e9 sur nos \u00e9crans sans nous toucher, elle s\u2019en est saisie. Elle les a dispos\u00e9es au c\u0153ur de son intimit\u00e9\u00a0: deux tasses \u00e0 caf\u00e9 ayant appartenue \u00e0 sa grand-m\u00e8re exil\u00e9e. L\u2019une contient l\u2019amertume de la trag\u00e9die des migrants naufrag\u00e9s, l\u2019autre le sucre des r\u00e9voltes populaires sur les places publiques du monde. La nef du courage peut r\u00e9investir le large de nos devenirs.<\/p>\n<p><strong><em>Yellow Tea Cup: Refugees at Sea<\/em> (2&rsquo;58 \u2013 2016) \/ Cheryl Pagurek (Canada)<\/strong><br \/>\nLa tasse jaune : r\u00e9fugi\u00e9s en mer contient des extraits d\u2019actualit\u00e9s projet\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une tasse en fa\u00efence, h\u00e9rit\u00e9e de ma grand-m\u00e8re immigrante. La tasse devient ici une fen\u00eatre sur le monde et nous rapproche de l\u2019\u00e9v\u00e9nement en \u00e9voquant les tensions et intersections entre le priv\u00e9 et le public, le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, l\u2019ordre et le chaos. L\u2019objet tient lieu de cadre contextuel, introduisant la notion de v\u00e9cu personnel et proposant une dimension humaine aux \u00e9v\u00e8nements qui nous sont pr\u00e9sent\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><em>Green tea cup: collectivities<\/em> (6&rsquo;25 &#8211; 2017) \/ Cheryl Pagurek (Canada)<\/strong><br \/>\nLa tasse verte: collectivit\u00e9s contient des extraits d\u2019actualit\u00e9s projet\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une tasse d\u2019\u00e9poque en fa\u00efence, avec l\u2019emphase sur la dynamique de groupe pendant manifestations, marches, veilles et rituels qui s\u2019\u00e9tendent sur le spectre des id\u00e9ologies. La porcelaine fragile contient, \u00e0 peine, l\u2019\u00e9nergie brute et explosive de ces moments o\u00f9, \u00e0 travers leur nombre, les individus se transforment dans une identit\u00e9 collective \u00e9largie, \u00e9mancip\u00e9e en c\u00e9l\u00e9bration, en soutien, en deuil et parfois en col\u00e8re. La tasse devient ici une fen\u00eatre sur le monde, fusionnant le priv\u00e9 et le public, le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, l\u2019ordre et le chaos.<\/p>\n<p><strong><em>D&rsquo;un autre monde ?<\/em> (1&rsquo;23 \u2013 2011) \/ enzo k (France)<\/strong><br \/>\nQu\u2019importe finalement que la sc\u00e8ne se passe dans le cadre d\u2019un festival d\u2019art contemporain opportun\u00e9ment intitul\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0 \u00ab D\u2019un autre monde \u00bb. Cela pourrait \u00eatre n\u2019importe o\u00f9, un commerce, une administration ; un de ces m\u00e9tiers d\u2019accueil et d\u2019attente souvent jug\u00e9s anodins, mais qui donnent le ton du lieu. \u00ab\u00a0Bonjour\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Au revoir\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Au revoir, bonne journ\u00e9e\u00a0\u00bb, prononc\u00e9s les yeux dans les yeux, parfois nuanc\u00e9s d\u2019un \u00ab\u00a0Messieurs-Dames\u00a0\u00bb ou d\u2019un hochement de t\u00eate ; mis bout \u00e0 bout, ils se r\u00e9sument \u00e0 un rituel insens\u00e9, dans lequel toute personne en contact avec un public ou une client\u00e8le percevra un \u00e9cho familier.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3076\" aria-describedby=\"caption-attachment-3076\" style=\"width: 518px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3076 \" src=\"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/enzo-k-2-1024x498.jpg\" alt=\"\" width=\"518\" height=\"252\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3076\" class=\"wp-caption-text\"><em>D&rsquo;un autre monde ?<\/em> (1&rsquo;23 \u2013 2011) \/ enzo k (France)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #993300;\"><a href=\"https:\/\/varietesmarseille.wordpress.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #993300;\">Cin\u00e9ma<\/span> <span style=\"color: #993300;\">Les<\/span> <span style=\"color: #993300;\">Vari\u00e9t\u00e9s<\/span><\/a><\/span>, 37 Rue Vincent Scotto,1er<br \/>\n11 novembre au 3 d\u00e9cembre &#8211; Vernissage Vendredi 10 novembre \u00e0 18h<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Intens\u00e9ment vivants<\/strong><\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma, l\u2019art vid\u00e9o, la po\u00e9sie, ne survivront dignement au rouleau compresseur du march\u00e9 qu\u2019\u00e0 faire sienne cette maxime de l\u2019\u00e9crivain argentin Rolo Diez\u00a0: \u00ab\u00a0Vivre intens\u00e9ment compense tout effort et presque tout sacrifice. Vivre \u00e0 moiti\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 l\u2019attribut et le ch\u00e2timent des m\u00e9diocres\u00a0\u00bb. Or, pour ce faire, nous n\u2019avons pas d\u2019assurance-vie, juste l\u2019assurance d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent au monde.<\/p>\n<p><strong><em>Room Movie<\/em> (25&prime; \u2013 2017) \/ Stephane Collin &amp; Alice Krichel (France)<\/strong><br \/>\nDiptyque. Extrait d&rsquo;une correspondance film\u00e9e entre les deux r\u00e9alisateurs.<\/p>\n<p><strong><em>Ubi sunt or Where are those who were before us?<\/em> (2&rsquo;40 \u2013 2016) \/ Smaragda Nitsopoulou (Gr\u00e8ce)<\/strong><br \/>\nLe th\u00e8me principal de mon travail, comme sugg\u00e9r\u00e9 dans le titre, est la m\u00e9moire et la mort. L&rsquo;invention et la d\u00e9mocratisation du moyen vid\u00e9o a profond\u00e9ment chang\u00e9 la perception de la continuit\u00e9 familiale mais tout aussi bien l&rsquo;humanit\u00e9. J&rsquo;ai utilis\u00e9 des donn\u00e9es provenant des archives d&rsquo;internet pour cr\u00e9er un album familial \u0153cum\u00e9nique des morts. Dans ce triptyque, les spectateurs vont faire face \u00e0 leurs propres mortalit\u00e9 et oublis \u00e0 travers des d\u00e9c\u00e8s, des portraits de bonheurs juxtapos\u00e9s pr\u00e8s de noms de morts du 20\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3069\" aria-describedby=\"caption-attachment-3069\" style=\"width: 518px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3069 \" src=\"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/ubi_sunt_1-1024x576.jpg\" alt=\"\" width=\"518\" height=\"291\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3069\" class=\"wp-caption-text\"><em>Ubi sunt or Where are those who were before us?<\/em> (2&rsquo;40 \u2013 2016) \/ Smaragda Nitsopoulou (Gr\u00e8ce)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La Nuit tombe sur l&rsquo;Europe<\/em> (15&prime; \u2013 2017) \/ Samuel Bollendorff (France)<\/strong><br \/>\nAvec la voix de Catherine Deneuve.<br \/>\nLa nuit tombe sur la mer \u00c9g\u00e9e. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019Europe. Un espoir de refuge pour les exil\u00e9s syriens. Mais l\u2019Europe s\u2019est barricad\u00e9e derri\u00e8re ses fronti\u00e8res, sourde aux appels \u00e0 l\u2019aide, transformant la mer en charnier. La Nuit tombe sur l\u2019Europe, pr\u00e9sente la litanie des violences auxquelles sont confront\u00e9s les r\u00e9fugi\u00e9s sur leur route d\u2019exil, comme autant de renoncements europ\u00e9ens.<\/p>\n<p><strong><em>D&rsquo;un autre monde ?<\/em> (1&rsquo;23 \u2013 2011) \/ enzo k (France)<\/strong><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.lafriche.org\/fr\/agenda\/les-29es-instants-video-472\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #993300;\">Friche<\/span> <span style=\"color: #993300;\">la<\/span> <span style=\"color: #993300;\">Belle<\/span> <span style=\"color: #993300;\">de Mai<\/span><\/a>, 41 rue Jobin, 3e<br \/>\n11 novembre au 3 d\u00e9cembre<br \/>\nVernissage samedi 11 novembre \u00e0 13h \/ Performance \u00e0 15h<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Exposer \/ D\u00e9sirs \/ D\u00e9sordres<\/strong><\/p>\n<p>Au XIVe si\u00e8cle, \u00ab\u00a0exposer\u00a0\u00bb pouvait signifier \u00ab\u00a0abandonner dans un lieu \u00e9cart\u00e9 ou d\u00e9sert\u00a0\u00bb, un enfant principalement. C\u2019est aussi, l\u2019acte de montrer.<br \/>\nCohabitent donc dans ce terme deux sens qui s\u2019opposent, donner \u00e0 voir et dissimuler. Pourtant, \u00e0 y regarder de pr\u00e8s, pour ce qui concerne l\u2019\u0153uvre d\u2019art, cette contradiction n\u2019a rien d\u2019absurde. Elle ne dit ni ne montre tout. Le geste de l\u2019artiste est men\u00e9e (par le bout du nez) par le pinceau du d\u00e9sir. Celui-ci, quelque soit le m\u00e9dium (peinture, vid\u00e9o, marbre\u2026) qu\u2019il emprunte, est toujours un passager clandestin. On ne l\u2019a pas sonn\u00e9. Le d\u00e9sir s\u2019invite. C\u2019est pourquoi il fait d\u00e9sordre. Ce qui n\u2019est pas pour nous d\u00e9plaire puisque nous sommes faits de la m\u00eame \u00e9toffe.<br \/>\nExposer\u00a0, c\u2019est aussi \u00ab\u00a0mettre en danger\u00a0\u00bb. Sur le champ de bataille de la salle d\u2019exposition, l\u2019\u0153uvre et le spectateur sont sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9. L\u2019un et l\u2019autre sont susceptibles d\u2019\u00eatre tir\u00e9 \u00e0 vue, perdre de leur prestance, se vider de leurs hautaines certitudes, s\u2019affaisser depuis le socle de leur statut. L\u2019art n\u2019est pas une affaire de sp\u00e9cialistes. Il n\u2019a besoin que d\u2019amants, c\u2019est-\u00e0-dire des amateurs passionn\u00e9s. Le maitre d\u2019\u0153uvre, c\u2019est le d\u00e9sir.<br \/>\nOn raconte que Balzac, qui n\u2019\u00e9tait pas assez riche pour acqu\u00e9rir un tableau de Maitre, se contentait d\u2019\u00e9crire au charbon, dans sa maison de Ville-d\u2019Avray, dans des cadres vides, \u00ab\u00a0Ici un superbe Rapha\u00ebl\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0A cette place mon beau Giorgione\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #993300;\">Salle des Machines<\/span> <\/strong>&#8211; Ouvert lun 11h-18h mar-sam 11h-19h dim 12h30-19h<\/h4>\n<p><strong><em>Oxyg\u00e8ne<\/em> (10&rsquo;56 \u2013 2015) \/ Amine Oulmakki (Maroc)<\/strong><br \/>\nLa rencontre de l\u2019eau avec l\u2019homme est un miracle permanent, car elle peut capter des \u00e9nergies inconnues et illimit\u00e9es.\u00a0L\u2019eau comme une th\u00e9rapie, une relaxation, source de vie, finalit\u00e9.<br \/>\nDans ce projet les participantes ont exprim\u00e9 leurs v\u00e9cus personnels, le retour au ventre de la maman, passant par des moments de beaut\u00e9, d\u2019\u00e9touffement, de peur, de joie\u2026<br \/>\nDes paroles sous l\u2019eau, des moments de respirations forts, des regards qui d\u00e9chirent les voiles de l\u2019image.<\/p>\n<p><strong><em>D&rsquo;un autre monde ?<\/em> (1&rsquo;23 \u2013 2011) \/ enzo k (France)<\/strong><br \/>\n(Synopsis page ADPEI)<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #993300;\">Tour 3e \u00e9tage<\/span> &#8211; Ouvert mer-ven 14h-19h we 13h-19h (22h le 24 novembre)<\/h4>\n<p><strong><em>Sans titre<\/em> (1&rsquo;44 \u2013 1996) \/ Collectif \u00ab\u00a0Les pisseuses\u00a0\u00bb<\/strong><br \/>\nCathryn Boch,\u00a0Claire Donois,\u00a0Sophie-Charlotte Gautier et\u00a0Ga\u00eblle Lucas\u00a0ont con\u00e7u cette \u0153uvre alors qu\u2019elles \u00e9taient encore \u00e9tudiantes \u00e0 l\u2019Ecole des Arts D\u00e9coratifs de Strasbourg. Jugeant le milieu de l\u2019enseignement\u00a0trop machiste, elles prirent la d\u00e9cision d\u2019en rire.<br \/>\nCette installation d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9e lors des 10es Instants Vid\u00e9o, inspira un journaliste pudibond qui titra son article \u00ab\u00a0De l\u2019art ou du cochon\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3104\" aria-describedby=\"caption-attachment-3104\" style=\"width: 357px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3104 \" src=\"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/pisseuses1.jpeg\" alt=\"\" width=\"357\" height=\"286\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3104\" class=\"wp-caption-text\">Sans titre (1&rsquo;44 \u2013 1996) \/ Collectif \u00ab\u00a0Les pisseuses\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Textile de cordes<\/em> (1\u201920 \u2013 2013) \/ Nathalie Bujold (Canada)<\/strong><br \/>\nUn m\u00eame instrument joue la m\u00eame note avec des techniques vari\u00e9es. Celle-ci est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e simultan\u00e9ment de fa\u00e7on exponentielle (de 4 \u00e0 16 fois jusqu\u2019\u00e0 67 108 864) en ajoutant ou en enlevant chaque fois 20 % de la dur\u00e9e pour changer la hauteur de la note. Isabelle Bozzini est au violoncelle. Cette vid\u00e9o d\u00e9coule de Musique de chambre (noire), projet du Quatuor Bozzini, de Taylor Brook et de Nathalie Bujold.<\/p>\n<p><strong><em>As Long As I Can Hold My Breath<\/em> (9&rsquo;40 \u2013 2016) \/ Mohamed Thara (Maroc)<\/strong><br \/>\n<em>Aussi longtemps que je pourrai retenir ma respiration.<\/em><br \/>\nTriptyque. Vid\u00e9o exp\u00e9rimentale qui raconte le\u00a0naufrage d&rsquo;un bateau de migrants au sud de l&rsquo;\u00eele italienne de Lampedusa avec une recontextualisation audiovisuelle d\u2019archives du naufrage. La vid\u00e9o est hant\u00e9e par la trag\u00e9die de Lampedusa du 3 octobre 2013, au large de la Libye, aux fronti\u00e8res<br \/>\nde l&rsquo;Europe. Une horreur qui a vir\u00e9 au cauchemar quand les 400 cadavres ont remont\u00e9 \u00e0 la surface. En parall\u00e8le du naufrage la vid\u00e9o montre des hirondelles\u00a0qui quittent l&rsquo;Europe en automne pour hiverner en Afrique.<br \/>\nPo\u00e8me d&rsquo;introduction :<br \/>\nJe suis une ombre loin d&rsquo;obscurs villages.<br \/>\n\u00c0 la source du bois j&rsquo;ai bu<br \/>\nLe silence de Dieu.<br \/>\nSur mon front vient du m\u00e9tal froid.<br \/>\nDes araign\u00e9es cherchent mon c\u0153ur.<br \/>\nIl y a une lumi\u00e8re qui s&rsquo;\u00e9teint dans ma bouche.<\/p>\n<p>Sur leurs semelles d\u2019argent s\u2019\u00e9loignent des vies ant\u00e9rieures<br \/>\nEt les ombres des damn\u00e9s glissent vers les eaux qui soupirent.<br \/>\nDans sa tombe, le magicien blanc joue avec ses serpents.<br \/>\nEn silence au-dessus du calvaire s\u2019ouvrent les yeux d\u2019or de Dieu.<br \/>\nGeorg Trakl, De profundis, 1912.<\/p>\n<p><strong><em>o jardim dos caminhos que se bifurcam<\/em> (16&prime; \u2013 2016) \/ Jo\u00e3o Cristov\u00e3o Leit\u00e3o (Portugal)<\/strong><br \/>\n(Texte inspir\u00e9 de Albert Camus et Jorge Luis Borges. )<br \/>\nMinotaure et Icare sont tous deux emprisonn\u00e9s dans un palais, qui au final est un jardin indescriptible. Au centre, la for\u00eat profonde; devant la mer ouverte; derri\u00e8re le d\u00e9sert \u00e0 perte de vue. Ce jardin est de la taille du monde. Ou, mieux : c\u2019est le monde. En lui tout existe d&rsquo;infinies fa\u00e7ons et un lieu quelconque est un autre lieu. En lui, le temps se divise, perp\u00e9tuellement, vers d\u2019innombrables futurs. On sait, cependant, et parce que le monde n&rsquo;est pas parfait, que quelquefois les chemins labyrinthiques de ce jardin finissent par se rejoindre.<\/p>\n<p><strong><em>&lsquo;You So&rsquo; Series<\/em> ( loop \u2013 2016) \/ Imogen Potter (GB)<\/strong><br \/>\nCette installation fait partie d\u2019une s\u00e9rie et ici elle pr\u00e9sente 2 vid\u00e9o\u00a0: &lsquo;You So fickle&rsquo; et &lsquo;You So Draining&rsquo;. L&rsquo;installation vid\u00e9o explore la question du contr\u00f4le et de la perte de contr\u00f4le, provoquant tension et agression.<\/p>\n<p><strong><em>La production fant\u00f4me<\/em> (20&prime; &#8211; 2016) \/ Philippe-Aubert Gauthier &amp; Tanya St-Pierre (Canada)<\/strong><br \/>\nCette installation aborde la relation entre l\u2019image film\u00e9e et son alter-ego calcul\u00e9 : l\u2019image de synth\u00e8se. Nouvelle forme d\u2019image omnipr\u00e9sente dans la lign\u00e9e historique, culturelle et technique de la photographie et du cin\u00e9ma.<br \/>\nL\u2019automatisation m\u00e9canique de l\u2019appareil photo a produit la cam\u00e9ra cin\u00e9matographique et fond\u00e9 les bases du cin\u00e9ma. Avec l\u2019av\u00e8nement de la vid\u00e9o analogique, puis num\u00e9rique, le statut de la cam\u00e9ra demeure. L\u2019av\u00e8nement de l\u2019image de synth\u00e8se issue d\u2019un calcul num\u00e9rique n\u2019a pas \u00e9radiqu\u00e9 la domination de cet objet technique, ni de son id\u00e9e, l\u2019id\u00e9e de la cam\u00e9ra. Paradoxe de la culture visuelle num\u00e9rique actuelle : elle se cale sur des apparences cin\u00e9matographiques pourtant issues d\u2019une autre \u00e8re technologique de l\u2019image en mouvement. Truchement sournois et banal de la \u00ab rem\u00e9diation \u00bb des techniques et cultures m\u00e9diatiques, c\u2019est ce qui solidifie la tendance persistante du photo-r\u00e9alisme. Avec \u00ab La production fant\u00f4me \u00bb, la rem\u00e9diation par le photo-r\u00e9alisme s\u2019inspire, ici, de l\u2019imitation du mouvement filmique : reconstruction calculatoire et cart\u00e9sienne d\u2019une trajectoire filmique rendue possible par des d\u00e9cennies et des si\u00e8cles de perspective, de sciences et de cultures optiques. Avec cette installation vid\u00e9o diptyque, les tensions entre s\u00e9quences vid\u00e9o tourn\u00e9es et synth\u00e9tiques proposent un processus de production cin\u00e9matographique interrompu, ouvert \u00e0 l\u2019analyse critique.<\/p>\n<p><strong><em>Last Words<\/em> (4&prime; &#8211; 2017) \/ Nic\u00e8ne Kossentini (Tunisie)<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Les derniers mots\u00a0\u00bb est une performance de lecture d&rsquo;un texte sur l&rsquo;amour extrait du livre \u00ab\u00a0Les Illuminations de la Mecque\u00a0\u00bb d&rsquo;Ibn Arabi. Tout au long de la vid\u00e9o, la performance de lecture est rendue difficile en raison de la solidification de la cire vers\u00e9e sur le texte. L&rsquo;interpr\u00e8te, pris dans une course contre le temps, r\u00e9cite autant de mots que possible avant la progression rapide de la cire. Vers la fin de la vid\u00e9o, le texte devient flou dans son int\u00e9gralit\u00e9 et la lecture est brusquement interrompue.<\/p>\n<p><strong><em>Tribute to Eadweard Muybridge<\/em> (11&prime; \u2013 2017) \/ Bob Kohn (France)<\/strong><br \/>\nC\u2019est suite \u00e0 une pol\u00e9mique autour des repr\u00e9sentations picturales de l\u2019\u00e9poque du cheval au galop \u2013 les quatre sabots sont-ils ou non en suspension en m\u00eame temps \u00e0 un moment donn\u00e9 ? \u2013 qu\u2019 Eadweard Muybridge met au point un dispositif photographique insens\u00e9 pour l\u2019\u00e9poque. Celui-ci, et alors m\u00eame que les meilleurs op\u00e9rateurs ont besoin encore d\u2019au minimum 15 secondes de temps de pause par clich\u00e9, lui permet une succession de prises de vue ultra-rapide et donc une d\u00e9composition du mouvement telle qu\u2019aucun \u0153il humain ne l\u2019avait jamais observ\u00e9e.<br \/>\nM\u00ealant intimement science et art \u2013 \u00e0 tel point que cela fit d\u00e9bat \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle \u2013 les images d\u2019Eadweard Muybridge frappent aujourd\u2019hui par leur grande beaut\u00e9 et ce qu\u2019elles pr\u00e9figurent avec quelques ann\u00e9es d\u2019avance : le cin\u00e9ma, du grec \u03ba\u03af\u03bd\u03b7\u03bc\u03b1 \/ k\u00edn\u0113ma, qui signifie mouvement comme chacun sait.<br \/>\nAdo Kyrou dit en substance dans Le Surr\u00e9alisme au cin\u00e9ma que le devoir et la vertu de ce dernier sont de montrer aux hommes ce qu\u2019ils n\u2019ont encore jamais vu.<br \/>\nEn d\u00e9composant le mouvement, Eadweard Muybridge, ce grand pr\u00e9curseur \u00ab d\u00e9rang\u00e9 \u00bb disait-on de lui \u2013 autrement dit victime d\u2019un esprit en perp\u00e9tuel mouvement &#8211; a recompos\u00e9 celui de la vie et du temps et l\u2019a le premier donn\u00e9 \u00e0 voir au monde.<br \/>\nOn ne saurait mieux composer avec l\u2019histoire du cin\u00e9matographe qu\u2019en revisitant, entre hommage, reconstruction, r\u00e9currence et fragmentation, les visions de ce grand pionnier que fut Eadweard Muybridge, \u00e0 travers les images inoubliables que la lanterne magique nous a donn\u00e9es depuis.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3103\" aria-describedby=\"caption-attachment-3103\" style=\"width: 559px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3103 \" src=\"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/MUYBRIDGE-CHAMBER-MUSIC-N\u00b03-1024x576.jpg\" alt=\"\" width=\"559\" height=\"314\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3103\" class=\"wp-caption-text\">Tribute to Eadweard Muybridge (11&prime; \u2013 2017) \/ Bob Kohn (France)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Match<\/em> (2015) \/ Esm\u00e9ralda da Costa (Portugal \/ France)<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Telle l\u2019Olympia de Manet, Esmeralda Da Costa regarde en face ses regardeurs.<br \/>\nCar pour une femme qui monte sur la sc\u00e8ne de l\u2019art, comme artiste ou comme mod\u00e8le, ou les deux \u00e0 la fois, le match n\u2019a pas chang\u00e9 depuis 1865. Il s\u2019agit toujours de gagner deux combats : contre le voyeurisme et contre soi-m\u00eame. Une femme qui s\u2019expose, lutte, cr\u00e9e, quoi de plus \u00e9rotique ! Face aux voyeurs, Maja rhabill\u00e9e, Da Costa joue avec son boxer noir comme Olympia avec son noir collier (un des multiples substituts du sexe qu\u2019une main cache, dans le nu de Manet). Joue \u00e0 quoi ? A d\u00e9vier le d\u00e9sir vers les gestes, le mouvement, le battement des membres, l\u2019intelligence des mains. Mains de parade pour l\u2019une, force de frappe pour l\u2019autre. A qui le tour ? Approchez. Au dernier round, l\u2019adversaire invincible vient faire un tour de piste.<br \/>\nLe combat contre soi ne peut avoir de perdant. Mais il faut le mener si on veut triompher.<br \/>\nSans tricher. La preuve qu\u2019elle ne triche pas,<br \/>\nDa Costa ? Ses trucages parfaits qui d\u00e9doublent son corps, le multiplient, l\u2019essaiment, \u00e0 bon escient.<br \/>\nPerformeuse, vid\u00e9aste, Esmeralda en outre a le sens des couleurs. Rouge et noir : impeccable rapport. Comme des monochromes qui se battraient, avec respect, modernit\u00e9.\u00a0\u00bb<br \/>\n(Jean-Paul Fargier, r\u00e9alisateur et critique de cin\u00e9ma et d\u2019Art vid\u00e9o)<\/p>\n<p><strong><em>Presence of Absence<\/em> (26&rsquo;19 \u2013 2012) \/ Matt Lee (GB \/ Inde)<\/strong><br \/>\nSitu\u00e9e dans une r\u00e9sidence s\u00e9curis\u00e9e de la banlieue p\u00e9riph\u00e9rique de Bangalore, Presence of absence est une vid\u00e9o d&rsquo;animation qui montre une masse noire\/un vide noir qui bouge doucement sur les constructions. Au fur et \u00e0 mesure, cette forme ambigu\u00eb commence \u00e0 d\u00e9velopper une personnalit\u00e9, une pr\u00e9sence et un sens. Ce travail est une r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;assertion de Henri Lefebvre\u00a0; Nous sommes entour\u00e9s de vide, mais c&rsquo;est un vide rempli de signes.<\/p>\n<p><strong><em>M\u00e9lodrame synth\u00e9tis\u00e9 par apprentissage audio-visuel<\/em> (9&rsquo;15 \u2013 2015) \/ J\u00e9r\u00f4me Grivel &amp; C\u00e9dric F\u00e9votte (France)<\/strong><br \/>\nLe projet est n\u00e9 d&rsquo;une collaboration entre l&rsquo;artiste J\u00e9r\u00f4me Grivel et le chercheur en math\u00e9matique C\u00e9dric F\u00e9votte, sp\u00e9cialis\u00e9 dans le traitement du signal et plus sp\u00e9cifiquement la s\u00e9paration de sources. Ils ont cherch\u00e9s a questionner l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une synesth\u00e9sie math\u00e9matique et les relations entre sens physionomique et math\u00e9matique. dans ce sens, ils ont cr\u00e9\u00e9s une vid\u00e9o g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par un flux audio et bas\u00e9e sur l&rsquo;analyse d&rsquo;une base de donn\u00e9e audio-visuelle.<\/p>\n<p><strong><em>Epigraphies 21e si\u00e8cle<\/em> (en boucle \u2013 2015) \/ Colette Youinou (France)<\/strong><br \/>\nLibye, Syrtre 2011, Cr\u00e8te 2006, Tunisie, 22 janvier 2011, Oaxaca, Mexique 2006, Zwela, Tunis 2012, Strasbourg, Janvier 2011, Panepstimiou, d\u00e9cembre 2011, Turquie 2013, Tunisie 2011, Venezuela 2012, Egypte 2012, Zwela, Tunis 2012 , Istanbul \u00e9t\u00e9 2012, France ao\u00fbt 2014, Strasourg, France 2010, France, d\u00e9cembre 2013, Beyrouth, Liban 2011, Syrie 2015, Istanbul juin 2013, Marseille, France 2011, Syrie 2011, Espagne 2011, Allemagne, Marseille 2016, Calais 2016, Libye, Syrtre 2011, Cr\u00e8te 2006, Tunisie, 22 janvier 2011, Oaxaca, Mexique 2006, Zwela, Tunis 2012, Strasbourg, Janvier 2011, Panepstimiou, d\u00e9cembre 2011, Turquie 2013, Tunisie 2011, Venezuela 2012, Egypte 2012, Zwela, Tunis 2012 , Istanbul \u00e9t\u00e9 2012, France ao\u00fbt 2014, Strasourg, France 2010, France, d\u00e9cembre 2013, Beyrouth, Liban 2011, Syrie 2015, Istanbul juin 2013, Marseille, France 2011, Syrie 2011, Espagne 2011, Allemagne, Marseille 2016.<br \/>\nL\u2019\u00e9pigraphie est l\u2019\u00e9tude des inscriptions r\u00e9alis\u00e9es sur des mati\u00e8res non putrescibles telles que la pierre, l\u2019argile ou le m\u00e9tal. Cette science a pour objectif de les dater, de les replacer dans leur contexte culturel, de les traduire et de d\u00e9terminer les informations qui peuvent en \u00eatre d\u00e9duites.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3109\" aria-describedby=\"caption-attachment-3109\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3109 size-large\" src=\"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Epigraphies-21e-si\u00e8cle-en-boucle-\u2013-2015-Colette-Youinou-France-2-1-1024x206.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"206\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3109\" class=\"wp-caption-text\">Epigraphies 21e si\u00e8cle (en boucle \u2013 2015) \/ Colette Youinou (France)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>La Voli\u00e8re<\/em> (6&prime; \u2013 2012) \/ Andr\u00e9 Goldberg (Belgique)<\/strong><br \/>\nLa Voli\u00e8re est une s\u00e9rie de vid\u00e9ographies (entre un \u00e0 six \u00e9crans). Les \u00e9crans sont install\u00e9s dans des cages d&rsquo;oiseaux pos\u00e9s sur socles, dans une sc\u00e9nographie sculpturale.<br \/>\nA l&rsquo;int\u00e9rieur de ces \u00e9crans, des animaux empaill\u00e9s (pigeon, colombe, chouette, hibou, \u00e9pervier, perroquet) sont accroch\u00e9s \u00e0 une branche d&rsquo;arbre, un tronc, un promontoire,&#8230; Souvent mis \u00e0 mal par le temps, poussi\u00e9reux, ab\u00eem\u00e9s, ils semblent pourtant encore vivants, le vent faisant vibrer leurs plumes, semant le trouble sur leur v\u00e9ritable statut. Le son de battements d\u2019ailes en accentuant encore l\u2019effet.<\/p>\n<p><strong><em>Digital Butterfly \u2013 Digipapi<\/em> (2016) \/ Naoyuki Tanaka (Japon \/ France)<\/strong><br \/>\nPapillon hologramme.<\/p>\n<p><strong><em>Two Fans<\/em> (loop \u2013 2015) \/ Hifsa Farooq (Pakistan)<\/strong><br \/>\nLa vid\u00e9o explore l&rsquo;esth\u00e9tique des objets, \u00e9v\u00e9nements, lieux et exp\u00e9riences du quotidien. Ces exp\u00e9riences banales pour la plupart d&rsquo;entre nous, enfants comme adultes, font partie de la vie ordinaire de tous les jours. Ils ne sont pas sp\u00e9cialement raffin\u00e9s, pas plus qu\u2019exotiques comme on pourrait le dire de la culture d&rsquo;un autre. Cette vid\u00e9o raconte l&rsquo;histoire de deux ventilateurs, qui sont li\u00e9s par une \u00e9toffe. L\u2019\u00e9toffe pour moi symbolise la religion, les mariages arrang\u00e9s et les normes sociales. Ce qui est ironique dans cette vid\u00e9o, c\u2019est qu\u2019alors que le tissu est utilis\u00e9 pour les prot\u00e9ger de la salet\u00e9, il les emp\u00eache d&rsquo;atteindre le maximum de leur potentiel. C&rsquo;est comme deux personnes qui parfois se font face comme s\u2019ils faisaient l\u2019amour, et d\u2019autres fois essaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de se s\u00e9parer. Une m\u00e9taphore de la politique, des luttes quotidiennes et des relations. Je crois que les exp\u00e9riences esth\u00e9tiques du quotidien donnent plus de sens que les exp\u00e9riences extra-ordinaires dans la formation de notre identit\u00e9 et de notre regard sur le monde.<\/p>\n<p><strong><em>Fronti\u00e8res<\/em> (28\u2019 &#8211; 2016) \/ Victoria Mar\u00e9chal (Suisse \/ Argentine)<\/strong><br \/>\nSur les premi\u00e8res images, c\u2019est Tripoli que l\u2019on voit. Ville vid\u00e9e, abandonn\u00e9e, d\u00e9truite, ville aussi qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9e par Google Earth. En parcourant ce d\u00e9sert d\u2019images, quelques traces des guerres et des r\u00e9volutions apparaissent n\u00e9anmoins aux travers des photographies post\u00e9es par les internautes.<br \/>\nPuis il y a la travers\u00e9e de la mer M\u00e9diterran\u00e9e.<br \/>\nEnfin arrive la petite \u00eele de Lampedusa avec les photographies des baigneurs, des touristes et des enfants \u00e0 v\u00e9lo. L\u00e0 aussi il y a des restes d\u2019Histoire. Lampedusa, seuil de la \u201cporte de l\u2019Europe\u201d! Mais cette porte rappelle sans cesse une autre porte dont on sortait pour ne pas revenir.<br \/>\nLes voix d\u2019Ana et de Mamadou posent un autre regard sur ces images d\u2019absence. Ici ils ne t\u00e9moignent pas de leur travers\u00e9e mais du trajet qu\u2019ils faisaient l\u00e0-bas ou qu\u2019ils font ici pour se rendre chez leurs amis, leurs parents ou pour aller prier \u00e0 la mosqu\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Photo en-t\u00eate :\u00a0Affordable Dreams \/ Sandrine Deumier<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FRAC PACA, 20 Boulevard de Dunkerque 2e 2 au 5 novembre &#8211; 12h-19h (dimanche 12h-18h)<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":3019,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-2989","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-18"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2989","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2989"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2989\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2990,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2989\/revisions\/2990"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3019"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2989"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2989"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.instantsvideo.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2989"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}