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Le Festival : les expositions à Marseille

Le Festival : les expositions à Marseille

FRAC PACA, 20 Boulevard de Dunkerque 2e
2 au 5 novembre – 12h-19h (dimanche 12h-18h)

La chambre du cercle 1 / Lydie Parisse (France)
En partenariat avec La Marelle. Une installation visuelle et sonore qui présente un retour sur ce que pourraient être l’enfance, toutes les enfances. Comment avons-nous perçu le monde pour la première fois ? De cette interrogation sur nos immersions premières est né un spectacle, L’Encercleur, texte inspiré de l’univers de Beckett (Entretemps, 2009) où les spectateurs traversaient trois cercles, jusqu’à « la chambre du cercle 1 », la dernière avant l’espace inaccessible appelé « centre ».
Dimanche 5 novembre à 17h, performance de l’artiste suivie d’une discussion avec Pascal Jourdana (La Marelle) et Marc Mercier (Instants Vidéo) sur le thème « Poésie et image, chambre et anti-chambre ».

Galerie DEUX [dø], 2 rue de la bibliothèque, 1er
9 au 25 Novembre – Ouvert du mercredi au samedi de 14-18h
Vernissage Mercredi 8 novembre à 18h

Paysages inquiétants

« A partir de quarante ans, on a la gueule qu’on mérite », disait le peintre Edgar Degas.
Nos corps, attitudes et gestes ne nous sont pas donnés à la naissance. Ce sont des constructions, la plupart du temps sociales, qui doivent beaucoup à nos conditions d’existence. C’est pourquoi, il faut regarder les corps comme des paysages, eux-mêmes incrustés dans un paysage plus large.
Les deux œuvres exposées ici sont inquiétantes, elles trahissent la hantise d’une catastrophe imminente. D’un autre côté, elles nous font plaisir car elles en appellent à notre éveil, à notre vigilance, à notre capacité à intervenir. Déjà, en bannissant la notion d’« environnement » qui sous-entend que l’humain est au centre et que ce qui l’entoure doit être organisé à son profit. Du coup, notre puissance d’agir ne doit pas épargner l’homme lui-même.
Au-delà des sujets abordés dans ces travaux, nous pouvons aussi nous questionner sur les fonctions de l’art quand l’humanité manque de raisons d’être optimiste, de se réjouir. Dans les temps d’obscurité peut-on chanter ? On chante quand même. On chante l’obscurité des temps avec des mots et des images lucioles. Le désir humain se fraie toujours un chemin. Tant pis si ça fait désordre.

Are You Sleeping (2’19 – 2017) / Hong Yane Wang (Chine / GB)
Deux enfants jouent seuls dans un parc, dans leurs pays respectifs. Les deux portent le même énorme masque anti-pollution. Alors qu’on les voit jouer, nous les entendons chanter différentes versions d’une seule et même chanson : Frère Jacques et Two Tigers en chinois. Les chansons se terminent toutes les deux par une forte respiration. En bas de chaque écran, le dessin d’une onde sonore qui monte et descend au gré de leurs chants et souffles, contient la même gamme de couleurs que celle de l’index de pollution de l’air, et qui représente la qualité de l’air que nous respirons tous les jours.
La pollution de l’air est un problème énorme en Chine. Pékin est connue pour son incroyable taux de particules fines PM2.5. Mais la Chine n’est pas seule. Le 15 février, l’Italie, la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont reçu de la part de la commission européenne le dernier avertissement par rapport à la violation des limites de pollution de l’air. Avec la mondialisation, nous sommes confrontés à des problèmes communs. Si les gouvernements ne font pas assez pour réduire la pollution de l’air, l’Europe de demain pourrait ressembler à la Chine d’aujourd’hui.

Are You Sleeping (2’19 – 2017) / Hong Yane Wang (Chine / GB)

 

Drop Out Bodies (17′ – 2017) / Ludivine Large-Bessette (France)
Dans le silence et la monotonie d’une résidence pavillonnaire, des hommes, des femmes, debout devant leurs maisons se mettent à chuter de manière aléatoire et irrévocable. De la découverte des interprètes figés à leurs effondrements chorégraphiés, le film questionne la fatalité du corps humain ainsi que notre époque, nos responsabilités individuelles et collectives, par le biais d’une réinterprétation contemporaine de la danse macabre du Moyen-Âge.

SARA, 54a rue de Crimée, 3e
10 novembre au 1er décembre – Ouvert 14h-17h les lundi, jeudi et vendredi
Vernissage Jeudi 9 novembre à 16h

Tout le pouvoir à l’imagination !

(Hommage à St Joseph de Cupertino qui a établi un record dans les annales de la lévitation et de l’aviation: le seul à avoir volé en arrière.)

Nous ne voyons pas tous la même chose. Si le regard peut-être transformé par ce qu’il voit, à son tour il peut transformer ce qu’il perçoit grâce au pouvoir de l’imagination.
Nous portons tous un regard sur les choses et les êtres qui nous entourent. Pas seulement avec les yeux. Avec nos oreilles, notre nez, notre peau, notre mémoire… Ce que nous percevons change constamment. Nous aussi. Rien ne nous oblige à subir ce qui se présente à nous comme une évidence, comme immuable.
Nous pouvons donc à notre guise défier les lois de la nature, enchanter notre quotidien, imaginer tous les possibles. Les enfants savent faire cela. Les artistes nous invitent à ne jamais perdre cette faculté. Pour voir les mondes du monde, il faut changer d’yeux. Pour que les oiseaux entendent notre chant, il faut changer de gorge. Pour ne pas sombrer dans l’ennui, il faut faire feu de tout bois. Pour nous libérer de nos boulets, il faut désobéir aux poids et aux mesures.

The subtle levitation of everyday objects (2’40 – 2017) / Fran Orallo (Espagne/Ecosse)
La vidéo fait apparaître une série d’objets que je fais léviter. Un cendrier, une cafetière et une ampoule, qui défient les lois de la gravité et comme par magie commencent à flotter.

The God of small things (3’10 – 2017) / Fran Orallo (Espagne/Ecosse)
Nous vivons trop vite pour voir les détails, pour apprécier les petits moments. Dans cette vidéo, comme par magie, un vase commence à tourner, un jeu d’illusion transforme un objet de tous les jours, ou plutôt le déplace, le faisant disparaître et apparaître sur différents écrans, comme une métaphore de ces petits objets/détails, auxquels nous faisons peu attention. A travers cette vidéo, un objet absurde, inutile, devient un protagoniste de la magie, de l’illusion.

ADPEI, 18 bd Flammarion, 1er
10 novembre au 1er décembre – Ouvert 14h-17h les lundi, jeudi et vendredi
Vernissage Jeudi 9 novembre à 17h30

Les actualités au cœur de l’intime

L’homme tient pour intelligence, l’usure de ses facultés d’indignation. II reçoit quotidiennement une radiation d’informations qui au lieu d’augmenter sa rage de vivre, gangrène les organes de sa sensibilité et de sa pensée. Il perd courage. Il perd son temps. Il perd ses repères. Les images d’une humanité qui souffre nous aveuglent, nous submergent, nous noient… La seule bouée de sauvetage : l’indifférence ?
L’artiste Cheryl Pagurek arrive au bon moment. Les images d’actualité qui ont circulé sur nos écrans sans nous toucher, elle s’en est saisie. Elle les a disposées au cœur de son intimité : deux tasses à café ayant appartenue à sa grand-mère exilée. L’une contient l’amertume de la tragédie des migrants naufragés, l’autre le sucre des révoltes populaires sur les places publiques du monde. La nef du courage peut réinvestir le large de nos devenirs.

Yellow Tea Cup: Refugees at Sea (2’58 – 2016) / Cheryl Pagurek (Canada)
La tasse jaune : réfugiés en mer contient des extraits d’actualités projetés à l’intérieur d’une tasse en faïence, héritée de ma grand-mère immigrante. La tasse devient ici une fenêtre sur le monde et nous rapproche de l’événement en évoquant les tensions et intersections entre le privé et le public, le passé et le présent, l’ordre et le chaos. L’objet tient lieu de cadre contextuel, introduisant la notion de vécu personnel et proposant une dimension humaine aux évènements qui nous sont présentés.

Green tea cup: collectivities (6’25 – 2017) / Cheryl Pagurek (Canada)
La tasse verte: collectivités contient des extraits d’actualités projetés à l’intérieur d’une tasse d’époque en faïence, avec l’emphase sur la dynamique de groupe pendant manifestations, marches, veilles et rituels qui s’étendent sur le spectre des idéologies. La porcelaine fragile contient, à peine, l’énergie brute et explosive de ces moments où, à travers leur nombre, les individus se transforment dans une identité collective élargie, émancipée en célébration, en soutien, en deuil et parfois en colère. La tasse devient ici une fenêtre sur le monde, fusionnant le privé et le public, le passé et le présent, l’ordre et le chaos.

D’un autre monde ? (1’23 – 2011) / enzo k (France)
Qu’importe finalement que la scène se passe dans le cadre d’un festival d’art contemporain opportunément intitulé cette année-là « D’un autre monde ». Cela pourrait être n’importe où, un commerce, une administration ; un de ces métiers d’accueil et d’attente souvent jugés anodins, mais qui donnent le ton du lieu. « Bonjour », « Au revoir », « Au revoir, bonne journée », prononcés les yeux dans les yeux, parfois nuancés d’un « Messieurs-Dames » ou d’un hochement de tête ; mis bout à bout, ils se résument à un rituel insensé, dans lequel toute personne en contact avec un public ou une clientèle percevra un écho familier.

D’un autre monde ? (1’23 – 2011) / enzo k (France)

 

Cinéma Les Variétés, 37 Rue Vincent Scotto,1er
11 novembre au 3 décembre – Vernissage Vendredi 10 novembre à 18h

Intensément vivants

Le cinéma, l’art vidéo, la poésie, ne survivront dignement au rouleau compresseur du marché qu’à faire sienne cette maxime de l’écrivain argentin Rolo Diez : « Vivre intensément compense tout effort et presque tout sacrifice. Vivre à moitié a toujours été l’attribut et le châtiment des médiocres ». Or, pour ce faire, nous n’avons pas d’assurance-vie, juste l’assurance d’être présent au monde.

Room Movie (25′ – 2017) / Stephane Collin & Alice Krichel (France)
Diptyque. Extrait d’une correspondance filmée entre les deux réalisateurs.

Ubi sunt or Where are those who were before us? (2’40 – 2016) / Smaragda Nitsopoulou (Grèce)
Le thème principal de mon travail, comme suggéré dans le titre, est la mémoire et la mort. L’invention et la démocratisation du moyen vidéo a profondément changé la perception de la continuité familiale mais tout aussi bien l’humanité. J’ai utilisé des données provenant des archives d’internet pour créer un album familial œcuménique des morts. Dans ce triptyque, les spectateurs vont faire face à leurs propres mortalité et oublis à travers des décès, des portraits de bonheurs juxtaposés près de noms de morts du 20ème siècle.

Ubi sunt or Where are those who were before us? (2’40 – 2016) / Smaragda Nitsopoulou (Grèce)

 

La Nuit tombe sur l’Europe (15′ – 2017) / Samuel Bollendorff (France)
Avec la voix de Catherine Deneuve.
La nuit tombe sur la mer Égée. De l’autre côté, l’Europe. Un espoir de refuge pour les exilés syriens. Mais l’Europe s’est barricadée derrière ses frontières, sourde aux appels à l’aide, transformant la mer en charnier. La Nuit tombe sur l’Europe, présente la litanie des violences auxquelles sont confrontés les réfugiés sur leur route d’exil, comme autant de renoncements européens.

D’un autre monde ? (1’23 – 2011) / enzo k (France)

Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin, 3e
11 novembre au 3 décembre
Vernissage samedi 11 novembre à 13h / Performance à 15h

Exposer / Désirs / Désordres

Au XIVe siècle, « exposer » pouvait signifier « abandonner dans un lieu écarté ou désert », un enfant principalement. C’est aussi, l’acte de montrer.
Cohabitent donc dans ce terme deux sens qui s’opposent, donner à voir et dissimuler. Pourtant, à y regarder de près, pour ce qui concerne l’œuvre d’art, cette contradiction n’a rien d’absurde. Elle ne dit ni ne montre tout. Le geste de l’artiste est menée (par le bout du nez) par le pinceau du désir. Celui-ci, quelque soit le médium (peinture, vidéo, marbre…) qu’il emprunte, est toujours un passager clandestin. On ne l’a pas sonné. Le désir s’invite. C’est pourquoi il fait désordre. Ce qui n’est pas pour nous déplaire puisque nous sommes faits de la même étoffe.
Exposer , c’est aussi « mettre en danger ». Sur le champ de bataille de la salle d’exposition, l’œuvre et le spectateur sont sur un pied d’égalité. L’un et l’autre sont susceptibles d’être tiré à vue, perdre de leur prestance, se vider de leurs hautaines certitudes, s’affaisser depuis le socle de leur statut. L’art n’est pas une affaire de spécialistes. Il n’a besoin que d’amants, c’est-à-dire des amateurs passionnés. Le maitre d’œuvre, c’est le désir.
On raconte que Balzac, qui n’était pas assez riche pour acquérir un tableau de Maitre, se contentait d’écrire au charbon, dans sa maison de Ville-d’Avray, dans des cadres vides, « Ici un superbe Raphaël », « A cette place mon beau Giorgione »…

Salle des Machines – Ouvert lun 11h-18h mar-sam 11h-19h dim 12h30-19h

Oxygène (10’56 – 2015) / Amine Oulmakki (Maroc)
La rencontre de l’eau avec l’homme est un miracle permanent, car elle peut capter des énergies inconnues et illimitées. L’eau comme une thérapie, une relaxation, source de vie, finalité.
Dans ce projet les participantes ont exprimé leurs vécus personnels, le retour au ventre de la maman, passant par des moments de beauté, d’étouffement, de peur, de joie…
Des paroles sous l’eau, des moments de respirations forts, des regards qui déchirent les voiles de l’image.

D’un autre monde ? (1’23 – 2011) / enzo k (France)
(Synopsis page ADPEI)

Tour 3e étage – Ouvert mer-ven 14h-19h we 13h-19h (22h le 24 novembre)

Sans titre (1’44 – 1996) / Collectif « Les pisseuses »
Cathryn Boch, Claire Donois, Sophie-Charlotte Gautier et Gaëlle Lucas ont conçu cette œuvre alors qu’elles étaient encore étudiantes à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Jugeant le milieu de l’enseignement trop machiste, elles prirent la décision d’en rire.
Cette installation déjà exposée lors des 10es Instants Vidéo, inspira un journaliste pudibond qui titra son article « De l’art ou du cochon ? ».

Sans titre (1’44 – 1996) / Collectif « Les pisseuses »

 

Textile de cordes (1’20 – 2013) / Nathalie Bujold (Canada)
Un même instrument joue la même note avec des techniques variées. Celle-ci est répétée simultanément de façon exponentielle (de 4 à 16 fois jusqu’à 67 108 864) en ajoutant ou en enlevant chaque fois 20 % de la durée pour changer la hauteur de la note. Isabelle Bozzini est au violoncelle. Cette vidéo découle de Musique de chambre (noire), projet du Quatuor Bozzini, de Taylor Brook et de Nathalie Bujold.

As Long As I Can Hold My Breath (9’40 – 2016) / Mohamed Thara (Maroc)
Aussi longtemps que je pourrai retenir ma respiration.
Triptyque. Vidéo expérimentale qui raconte le naufrage d’un bateau de migrants au sud de l’île italienne de Lampedusa avec une recontextualisation audiovisuelle d’archives du naufrage. La vidéo est hantée par la tragédie de Lampedusa du 3 octobre 2013, au large de la Libye, aux frontières
de l’Europe. Une horreur qui a viré au cauchemar quand les 400 cadavres ont remonté à la surface. En parallèle du naufrage la vidéo montre des hirondelles qui quittent l’Europe en automne pour hiverner en Afrique.
Poème d’introduction :
Je suis une ombre loin d’obscurs villages.
À la source du bois j’ai bu
Le silence de Dieu.
Sur mon front vient du métal froid.
Des araignées cherchent mon cœur.
Il y a une lumière qui s’éteint dans ma bouche.

Sur leurs semelles d’argent s’éloignent des vies antérieures
Et les ombres des damnés glissent vers les eaux qui soupirent.
Dans sa tombe, le magicien blanc joue avec ses serpents.
En silence au-dessus du calvaire s’ouvrent les yeux d’or de Dieu.
Georg Trakl, De profundis, 1912.

o jardim dos caminhos que se bifurcam (16′ – 2016) / João Cristovão Leitão (Portugal)
(Texte inspiré de Albert Camus et Jorge Luis Borges. )
Minotaure et Icare sont tous deux emprisonnés dans un palais, qui au final est un jardin indescriptible. Au centre, la forêt profonde; devant la mer ouverte; derrière le désert à perte de vue. Ce jardin est de la taille du monde. Ou, mieux : c’est le monde. En lui tout existe d’infinies façons et un lieu quelconque est un autre lieu. En lui, le temps se divise, perpétuellement, vers d’innombrables futurs. On sait, cependant, et parce que le monde n’est pas parfait, que quelquefois les chemins labyrinthiques de ce jardin finissent par se rejoindre.

‘You So’ Series ( loop – 2016) / Imogen Potter (GB)
Cette installation fait partie d’une série et ici elle présente 2 vidéo : ‘You So fickle’ et ‘You So Draining’. L’installation vidéo explore la question du contrôle et de la perte de contrôle, provoquant tension et agression.

La production fantôme (20′ – 2016) / Philippe-Aubert Gauthier & Tanya St-Pierre (Canada)
Cette installation aborde la relation entre l’image filmée et son alter-ego calculé : l’image de synthèse. Nouvelle forme d’image omniprésente dans la lignée historique, culturelle et technique de la photographie et du cinéma.
L’automatisation mécanique de l’appareil photo a produit la caméra cinématographique et fondé les bases du cinéma. Avec l’avènement de la vidéo analogique, puis numérique, le statut de la caméra demeure. L’avènement de l’image de synthèse issue d’un calcul numérique n’a pas éradiqué la domination de cet objet technique, ni de son idée, l’idée de la caméra. Paradoxe de la culture visuelle numérique actuelle : elle se cale sur des apparences cinématographiques pourtant issues d’une autre ère technologique de l’image en mouvement. Truchement sournois et banal de la « remédiation » des techniques et cultures médiatiques, c’est ce qui solidifie la tendance persistante du photo-réalisme. Avec « La production fantôme », la remédiation par le photo-réalisme s’inspire, ici, de l’imitation du mouvement filmique : reconstruction calculatoire et cartésienne d’une trajectoire filmique rendue possible par des décennies et des siècles de perspective, de sciences et de cultures optiques. Avec cette installation vidéo diptyque, les tensions entre séquences vidéo tournées et synthétiques proposent un processus de production cinématographique interrompu, ouvert à l’analyse critique.

Last Words (4′ – 2017) / Nicène Kossentini (Tunisie)
« Les derniers mots » est une performance de lecture d’un texte sur l’amour extrait du livre « Les Illuminations de la Mecque » d’Ibn Arabi. Tout au long de la vidéo, la performance de lecture est rendue difficile en raison de la solidification de la cire versée sur le texte. L’interprète, pris dans une course contre le temps, récite autant de mots que possible avant la progression rapide de la cire. Vers la fin de la vidéo, le texte devient flou dans son intégralité et la lecture est brusquement interrompue.

Tribute to Eadweard Muybridge (11′ – 2017) / Bob Kohn (France)
C’est suite à une polémique autour des représentations picturales de l’époque du cheval au galop – les quatre sabots sont-ils ou non en suspension en même temps à un moment donné ? – qu’ Eadweard Muybridge met au point un dispositif photographique insensé pour l’époque. Celui-ci, et alors même que les meilleurs opérateurs ont besoin encore d’au minimum 15 secondes de temps de pause par cliché, lui permet une succession de prises de vue ultra-rapide et donc une décomposition du mouvement telle qu’aucun œil humain ne l’avait jamais observée.
Mêlant intimement science et art – à tel point que cela fit débat à la fin du XIXème siècle – les images d’Eadweard Muybridge frappent aujourd’hui par leur grande beauté et ce qu’elles préfigurent avec quelques années d’avance : le cinéma, du grec κίνημα / kínēma, qui signifie mouvement comme chacun sait.
Ado Kyrou dit en substance dans Le Surréalisme au cinéma que le devoir et la vertu de ce dernier sont de montrer aux hommes ce qu’ils n’ont encore jamais vu.
En décomposant le mouvement, Eadweard Muybridge, ce grand précurseur « dérangé » disait-on de lui – autrement dit victime d’un esprit en perpétuel mouvement – a recomposé celui de la vie et du temps et l’a le premier donné à voir au monde.
On ne saurait mieux composer avec l’histoire du cinématographe qu’en revisitant, entre hommage, reconstruction, récurrence et fragmentation, les visions de ce grand pionnier que fut Eadweard Muybridge, à travers les images inoubliables que la lanterne magique nous a données depuis.

Tribute to Eadweard Muybridge (11′ – 2017) / Bob Kohn (France)

 

Match (2015) / Esméralda da Costa (Portugal / France)
« Telle l’Olympia de Manet, Esmeralda Da Costa regarde en face ses regardeurs.
Car pour une femme qui monte sur la scène de l’art, comme artiste ou comme modèle, ou les deux à la fois, le match n’a pas changé depuis 1865. Il s’agit toujours de gagner deux combats : contre le voyeurisme et contre soi-même. Une femme qui s’expose, lutte, crée, quoi de plus érotique ! Face aux voyeurs, Maja rhabillée, Da Costa joue avec son boxer noir comme Olympia avec son noir collier (un des multiples substituts du sexe qu’une main cache, dans le nu de Manet). Joue à quoi ? A dévier le désir vers les gestes, le mouvement, le battement des membres, l’intelligence des mains. Mains de parade pour l’une, force de frappe pour l’autre. A qui le tour ? Approchez. Au dernier round, l’adversaire invincible vient faire un tour de piste.
Le combat contre soi ne peut avoir de perdant. Mais il faut le mener si on veut triompher.
Sans tricher. La preuve qu’elle ne triche pas,
Da Costa ? Ses trucages parfaits qui dédoublent son corps, le multiplient, l’essaiment, à bon escient.
Performeuse, vidéaste, Esmeralda en outre a le sens des couleurs. Rouge et noir : impeccable rapport. Comme des monochromes qui se battraient, avec respect, modernité. »
(Jean-Paul Fargier, réalisateur et critique de cinéma et d’Art vidéo)

Presence of Absence (26’19 – 2012) / Matt Lee (GB / Inde)
Située dans une résidence sécurisée de la banlieue périphérique de Bangalore, Presence of absence est une vidéo d’animation qui montre une masse noire/un vide noir qui bouge doucement sur les constructions. Au fur et à mesure, cette forme ambiguë commence à développer une personnalité, une présence et un sens. Ce travail est une réponse à l’assertion de Henri Lefebvre ; Nous sommes entourés de vide, mais c’est un vide rempli de signes.

Mélodrame synthétisé par apprentissage audio-visuel (9’15 – 2015) / Jérôme Grivel & Cédric Févotte (France)
Le projet est né d’une collaboration entre l’artiste Jérôme Grivel et le chercheur en mathématique Cédric Févotte, spécialisé dans le traitement du signal et plus spécifiquement la séparation de sources. Ils ont cherchés a questionner l’idée d’une synesthésie mathématique et les relations entre sens physionomique et mathématique. dans ce sens, ils ont créés une vidéo générée par un flux audio et basée sur l’analyse d’une base de donnée audio-visuelle.

Epigraphies 21e siècle (en boucle – 2015) / Colette Youinou (France)
Libye, Syrtre 2011, Crète 2006, Tunisie, 22 janvier 2011, Oaxaca, Mexique 2006, Zwela, Tunis 2012, Strasbourg, Janvier 2011, Panepstimiou, décembre 2011, Turquie 2013, Tunisie 2011, Venezuela 2012, Egypte 2012, Zwela, Tunis 2012 , Istanbul été 2012, France août 2014, Strasourg, France 2010, France, décembre 2013, Beyrouth, Liban 2011, Syrie 2015, Istanbul juin 2013, Marseille, France 2011, Syrie 2011, Espagne 2011, Allemagne, Marseille 2016, Calais 2016, Libye, Syrtre 2011, Crète 2006, Tunisie, 22 janvier 2011, Oaxaca, Mexique 2006, Zwela, Tunis 2012, Strasbourg, Janvier 2011, Panepstimiou, décembre 2011, Turquie 2013, Tunisie 2011, Venezuela 2012, Egypte 2012, Zwela, Tunis 2012 , Istanbul été 2012, France août 2014, Strasourg, France 2010, France, décembre 2013, Beyrouth, Liban 2011, Syrie 2015, Istanbul juin 2013, Marseille, France 2011, Syrie 2011, Espagne 2011, Allemagne, Marseille 2016.
L’épigraphie est l’étude des inscriptions réalisées sur des matières non putrescibles telles que la pierre, l’argile ou le métal. Cette science a pour objectif de les dater, de les replacer dans leur contexte culturel, de les traduire et de déterminer les informations qui peuvent en être déduites.

Epigraphies 21e siècle (en boucle – 2015) / Colette Youinou (France)

 

La Volière (6′ – 2012) / André Goldberg (Belgique)
La Volière est une série de vidéographies (entre un à six écrans). Les écrans sont installés dans des cages d’oiseaux posés sur socles, dans une scénographie sculpturale.
A l’intérieur de ces écrans, des animaux empaillés (pigeon, colombe, chouette, hibou, épervier, perroquet) sont accrochés à une branche d’arbre, un tronc, un promontoire,… Souvent mis à mal par le temps, poussiéreux, abîmés, ils semblent pourtant encore vivants, le vent faisant vibrer leurs plumes, semant le trouble sur leur véritable statut. Le son de battements d’ailes en accentuant encore l’effet.

Digital Butterfly – Digipapi (2016) / Naoyuki Tanaka (Japon / France)
Papillon hologramme.

Two Fans (loop – 2015) / Hifsa Farooq (Pakistan)
La vidéo explore l’esthétique des objets, événements, lieux et expériences du quotidien. Ces expériences banales pour la plupart d’entre nous, enfants comme adultes, font partie de la vie ordinaire de tous les jours. Ils ne sont pas spécialement raffinés, pas plus qu’exotiques comme on pourrait le dire de la culture d’un autre. Cette vidéo raconte l’histoire de deux ventilateurs, qui sont liés par une étoffe. L’étoffe pour moi symbolise la religion, les mariages arrangés et les normes sociales. Ce qui est ironique dans cette vidéo, c’est qu’alors que le tissu est utilisé pour les protéger de la saleté, il les empêche d’atteindre le maximum de leur potentiel. C’est comme deux personnes qui parfois se font face comme s’ils faisaient l’amour, et d’autres fois essaient désespérément de se séparer. Une métaphore de la politique, des luttes quotidiennes et des relations. Je crois que les expériences esthétiques du quotidien donnent plus de sens que les expériences extra-ordinaires dans la formation de notre identité et de notre regard sur le monde.

Frontières (28’ – 2016) / Victoria Maréchal (Suisse / Argentine)
Sur les premières images, c’est Tripoli que l’on voit. Ville vidée, abandonnée, détruite, ville aussi qui n’a pas encore été photographiée par Google Earth. En parcourant ce désert d’images, quelques traces des guerres et des révolutions apparaissent néanmoins aux travers des photographies postées par les internautes.
Puis il y a la traversée de la mer Méditerranée.
Enfin arrive la petite île de Lampedusa avec les photographies des baigneurs, des touristes et des enfants à vélo. Là aussi il y a des restes d’Histoire. Lampedusa, seuil de la “porte de l’Europe”! Mais cette porte rappelle sans cesse une autre porte dont on sortait pour ne pas revenir.
Les voix d’Ana et de Mamadou posent un autre regard sur ces images d’absence. Ici ils ne témoignent pas de leur traversée mais du trajet qu’ils faisaient là-bas ou qu’ils font ici pour se rendre chez leurs amis, leurs parents ou pour aller prier à la mosquée.

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