Du 10 novembre au 22 janvier : 19 installations à la tour Panorama + 1 installation vidéo pendant les Rencontres internationales à la salle Seita

41 rue Jobin 13003 Marseille 

Salle Seita du 9 au 12 novembre

A moment (en boucle – 2022) / Guido’Lu (Belgique)
Sans commentaire

Tour Panorama 5e étage du 10 novembre 2022 au 22 janvier 2023

mercredi au vendredi de 14h à 19h • samedi et dimanche de 13h à 19h

Tête-à-tête – a private conversation between two people (03’15 – 2018) / Elena Cremona & Ramez Vafa (Angleterre)
Tête-à-tête, a private conversation between two people fut créé sur le champs de bataille de l’amour pour mieux comprendre la douleur et l’unité qu’il incarne. Inspiré par la volonté de se comprendre mutuellement et de donner à cet impitoyable mais nécessaire acte de justesse, une place au sein des arts.

Ophelia (08’00 – 2020) / Meike Redeker (Allemagne)
Par un monologue prononcé à l’envers, la vidéo traite des représentations discriminatoires des femmes dans le passé et le présent. Dans le lit d’une rivière, scène qui ressemble à la célèbre peinture de J.E. Millais représentant le personnage mourant d’Ophélia, apparaît la réalisatrice. Elle parle continuellement à la caméra. Son discours reste abstrait jusqu’à ce que la vidéo soit lue en sens inverse et que les mots reviennent dans leur ordre initial, révélant ainsi une phrase évoquant les enchevêtrements complexe du langage, des images et des rôles sociaux.

Intelligent Design (29’49 – 2017) / André Goldberg (Belgique)
Cette vidéo sur base de l’ouvrage de Darwin De l’origine des espèces par sélection naturelle ou Des lois de transformation des êtres organisés (1866), s’intègre dans une série d’œuvres vidéo sous forme d’une réflexion sur l’obscurantisme. Depuis septembre 2017, la Turquie a décidé de retirer de ses programmes scolaires, la théorie de l’Evolution des espèces. Mais cette dérive est le propre des trois religions monothéistes qui rejettent ces notions scientifiques. Depuis de nombreuses années les mouvements religieux chrétiens, et notamment le mouvement créationniste, très important aux Etats-Unis, oppose la Bible à Darwin et nie l’évolution au profit de la création. Dans certaines universités américaines, une nouvelle notion, l’Intelligent Design (Dessein intelligent) affirme que le monde est trop complexe pour ne pas avoir été créé par un être intelligent. Les créationnistes mettent sur le même plan la Genèse et les découvertes scientifiques de Darwin, et tentent de donner une apparence scientifique à la Genèse, en rassemblant tous les faits, archéologiques, paléontologiques, qui peuvent accréditer certains passages de la Bible, pour démontrer que, selon eux, le texte de Darwin n’est pas une théorie scientifique, mais une théorie philosophique.

Candlemate ! (05’11 – 2021) / Brigitte Valobra & Wald (Espagne)
« Nous écoutons sans entendre, nous devinons, nous imaginons, emporté.e.s par la danse poétique des ombres et des lumières » (Virginie Cazes)

untitled (performance) (10′ – 2018) / Ruxandra Mitache, Andrei Mitache (Roumanie)
Art vidéo, projet de film poétique, composé d’un poème écrit en mai 2018 juxtaposé à un scan 3D. La chambre noire est la première, après le bruit blanc. La chambre, silencieuse, très bien. L’espace fluide, coloré.  Je vois le pont, la sphère en miroir, la toile transparente, le dessin interactif. Pas opaque, projeté, réfléchi, par la forme du prisme.

Waves never stop crossing borders (13’25 – 2019) / Elodie Merland (France)
Cette vidéo a été réalisée le 30 octobre 2019, sur une plage de Folkestone au Royaume-Uni. C’était la veille du jour où le Royaume-Uni devait quitter l’Union européenne. La troisième date reportée jusque là, mais la date de sortie a finalement été repoussée au 31 janvier 2020. Le sens de lecture de la phrase Waves never stop crossing borders est orienté vers la France. Elle évoque le Brexit mais elle parle également de toutes ces frontières que des milliers d’humains sont quotidiennement interdits de franchir.

Trajectory 2 (06’06 – 2019) / Cyril Galmiche (France)
Filmé au Japon lors de la saison o-hanami, Trajectory 2 présente en simultané 9 séquences de film, chacune reproduisant la même série de gestes. Filmées avec un smartphone dans différents endroits, les images furent pensées comme des capsules temporelles et spéciales, invitant le/la spectateur.rice à la contemplation.

Persistent Disturbance (07’55 – 2019) / Laurien Bachmann & Sebastian Six (Autriche)
La vidéo performance Persistent Disturbance montre de manière absurde trois mois de voyage à travers l’Amérique du Sud. A chaque endroit ou les deux artistes se sont arrêtés, ils ont crée une courte performance sonore. Le performer court inlassablement en klaxonnant dans les différents paysages des Andes. Avec cette expérience, ce n’est pas seulement les différents sites qui sont montrés mais aussi un scan acoustique des lieux qui est créé.

Absurd and necessary (5’09 / 2021) / Felice Licio Esposito (Italie)
Et à la fin, du monde et de l’évolution parfaite
Ce qui reste ce sont les cendre et les déchets,
Une humanité triste vit fermement attachée à une emprise absurde que d’autres ont rendu indispensable pour un équilibre insensé, complètement déséquilibré, qui glisse doucement dans les abysses. Il est alors nécessaire de libérer l’imagination, même si cela a l’air absurde, pour surmonter la réalité pas à pas. Et revenir enfin à la vie. 

Performance (25’00 – 2018) / Gabriela Löffel (Suisse)
Depuis 2001, les industries de sécurité sont en fort développement et dans le domaine de la sécurité intérieure cela pourrait être interprété comme une représentation économique du politique. Que ce soit dans les budgets des états ou sur les marchés boursiers, la sécurité intérieure génère toujours un intérêt et un chiffre d’affaire croissant. Politisé, le terme « sécurité » est transformé en discours, et occupe une place toujours plus large , mais souvent sans qu’ait lieu une discussion consistante et essentielle sur sa définition. Le contenu de ce discours de présentation (par le directeur technique de Homeland-Security) soulève plusieurs questions quant aux intérêts en jeu, tant économiques que politiques, et dans le même temps l’usage du langage et de la rhétorique devient apparent. Pour examiner plus en détail ce discours, Amy Carroll, coach en communication orale, retravaille ce discours avec le locuteur, Rudi van der Merwe, devant la caméra, sur la scène d’une salle de conférence vide, devant une caméra.

The Primitives (10′ – 2021) / Genadzi Buto (Biélorussie)
La vie complexe de formes simples.

Falling (14’50 – 2019) / Sandrine Deumier (France)
Falling est l’étude d’un effondrement. Composée de neuf mises en scène de «collapsologie» créées à partir d’imaginaires issus de la culture Internet, cette pièce tente d’interroger un possible démantèlement des pratiques humaines d’assujettissement de la nature et de hiérarchisation des espèces par une recherche de postures éco-féministes. Court-circuiter des imaginaires collectifs issus d’internet pour élaborer de nouvelles utopies et inventer des imaginaires durables.

Echo Chamber (2’25 – 2021) / Gurkan Maruf Mihci (Etats-Unis)
Métaphore d’une pièce fermée où nous n’entendons que nous même, notre voix, nos avis, nos comportements, nos émotions, dans un monde de réseaux sociaux. Nous sommes coincé dans ces bouclent infinies, sans espace pour des avis contraires ou des concepts contradictoires. Nous disons que les réseaux sociaux offrent de la liberté d’expression mais le seul son que nous entendons c’est notre voix, ou celles qui sont similaires aux nôtres. L’autre est invisible pour nous. Ces chambres d’écho provoquent des polarisations parce que nous sommes dans des écosystèmes fermés depuis longtemps et nous ne supportons plus l’opinion des autres. De plus, nos voix deviennent incompréhensibles dans ces chambres d’écho : personne ne comprend et personne ne se soucie de ces voix. Elles deviennent des sons ou des bruits incompréhensibles qui n’ont aucune mélodie, aucune harmonie, ni même aucun rythme.

Chimes Era #1.2 : the Seat in Judgment (Assessment following the sacrifices of CE #1.1 : the Benching) (11’15 – 2020) / Paul Jacques Yves Guilbert (Belgique)
Chimes Era #1.2 : the Seat in Judgment (Assessment following the sacrifices of CE #1.1 : the Benching) fait suite à une proposition performative et scénographique qui a duré 30 jours. Dans un univers fait de collages spatio-temporels et de corpus trans-média, généralement assemblés par un tube d’imagerie numérique, un “chimiste” testeur de chimère est chargé de formuler un pont entre la proposition artistique et le public, le réel et la fiction, la simulation et la réalisation.

Character (18’52 – 2021) / Paul Heintz (France)
Le cinéaste Paul Heintz part à la recherche de Winston Smith. Lorsqu’il publie une petite annonce dans le quotidien anglais The Sun pour trouver des homonymes du héros du roman 1984 de George Orwell, il provoque une collision entre fiction et réel. Le quotidien de ces illustres inconnus devient dystopique, phagocyté par l’imaginaire de chacun·e d’entre nous.

Motion Picture Ruins (03’56 – 2011) / Isabella Andronos (Australie)
Motion Picture Ruins explore les processus du glitch en utilisant des extraits de baisers de films existants. En tant que symbole de notre mémoire culturelle, le grand baiser hollywoodien peut être compris comme partie inhérente de l’histoire du cinéma. S’exprimant sur la transition entre la pellicule et le numérique, le film isole ces baisers de leur contexte original et perturbe les données qui les composent.  Ce travail peut être considérée comme un exercice d’entropie numérique, transformant les baisers idylliques d’Hollywood en une topographie stratifiée des images cinématographiques. Fonctionnant comme un palimpseste, les scènes de baisers se confondent, leurs données numériques modifiées pour créer des explosions de couleurs pixelisées.

Places We’ll Breathe (22′ – 2022) / Davor Sanvincenti (Croatie)
Places We’ll Breathe est un essai audiovisuel qui fait appel à l’imagination à travers un carnet de voyage de paysages construits et anonymes. Il s’agit d’une note sur l’avenir. Des récits qui entremêlent le visuel, l’auditif et le textuel évoquent la perte, l’exploration, la présence, la vigilance, la responsabilité, la lutte et la liberté.

The passing (1’43 – 2022) / Eve Provost Chartrand (Etats-Unis)
Alors que j’accompagnais ma mère dans sa fin de vie, en lui donnant son dernier bain, j’ai remarqué que son corps émettait toujours de l’énergie, même après son dernier souffle et dans le chaos de la mort. Ce fut un moment très réconfortant et révélateur qui a renforcé ma conviction que les êtres chers continuent à vivre sous différentes formes. Cette expérience a aussi souligné l’importance des rituels entourant la mort, des rituels comme des temps nécessaires pour accompagner le corps lors de sa transformation en énergie. A partir de ce moment, j’ai compris, intimement, qu’un corps décédé porte les traces de la personne qui compte, et qu’à partir de cet instant il s’enchevêtre de manière indiscernable avec les molécules et les atomes universels, travaillant à devenir, se reliant sur un autre plan. Rien n’est jamais perdu, nous devons juste être attentif.ve.

Prelude Op. 28 No. 2 (8’25 – 2022) / Jenni Toikka (Finlande)
Au cours d’un seul long plan, on voit deux personnes qui jouent tour à tour du piano et écoutent alternativement. Le morceau est le même à chaque fois – Prélude Op. 28 n° 2 de Chopin – mais lorsque l’interprète change, l’interprétation du morceau change ainsi que la perspective à partir de laquelle le morceau et son interprétation sont vus. Le jeu ininterrompu et le plan unique capturent l’événement en un seul instant, mais lorsque la caméra se déplace et que les deux personnes changent de place, le temps est partagé en parts égales. L’interprète devient l’auditeur et l’auditeur devient l’interprète. Dans l’une des scènes clés du film Sonate d’automne (1978) d’Ingmar Bergman, la mère et la fille jouent à tour de rôle le même prélude de Chopin. Il s’agit d’un morceau que toutes deux connaissent bien, ce qui leur permet de s’installer dans la position de l’autre tout en l’écoutant et en le regardant jouer. Une telle situation soulève des questions sur le sens de la réciprocité, de la simultanéité et de la synesthésie. Les rôles pourraient-ils se mélanger, passant du spectateur et de l’auditeur à l’objet du regard et de l’écoute ? En regardant l’autre jouer, pouvez-vous sentir vos propres mains et doigts sur les touches ?