1988 : Naissance du Festival Les Instants Vidéo au sein de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) de Manosquefondé par Chantal Maire (directrice de la MJC), Anne Van den Steen (plasticienne) et Marc Mercier (comédien) et avec le soutien du distributeur Heure Exquise ! .

1990 : Une météorite percute le festival : le grand poète électronique, Gianni Toti. Le seul à avoir su relier dans une même constellation les artistes révolutionnaires russes du début du XXe siècle Maïakovski, Khlebnikov, Tatlin, et les pionnier.e.s de l’art vidéo Nam June Paik, les Vasulka… Il nous enseigne l’art de mener la double bataille du langage et du politique.

1992 : Pour multiplier les lieux de diffusion régulière de l’art vidéo en Région PACA, nous animons Vidéo Lux Associés (un réseau de diffusion des arts vidéo).

1993 : Co-fondation du 1er Festival d’art vidéo du Maroc à Casablanca avec l’Université des Lettres de Ben M’Sik. Révélation d’un jeune et talentueux artiste, Mounir Fatmi.
Fondation, avec les artistes marocain.e.s Touria Hadraoui & Abdallah Zrika, de l’Internationale Icariste qui regroupe tou.te.s celles et ceux qui n’ont pas renoncé à porter des ailes, malgré la possibilité de la chute d’Icare.

1997 : Le festival s’associe à la revue d’art et de poésie Incidences, dirigée par Giney Ayme, qui édite un numéro spécial pour l’occasion : Brûle ta propre patience.
Année où les artistes Gaëlle Lucas, Sophie-Charlotte Gautier, Claire Dubois et Cathryn Boch exposent Les Pisseuses. Un journaliste titre : “De l’art ou du cochon ?”.

2000 : De retour des Balkans encore meurtris par la guerre, nous accueillons des artistes de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et de Serbie. Puissante émotion lors de la diffusion de la vidéo L’origine du Monde de Zoran Naskovski : un râle de jouissance répond aux cris de haine et de douleur. Œuvre qui deviendra l’emblème de notre engagement poétique, métamorphoser une colère en un chant d’amour.

2001 : Le poète croate Tomica Bajsic, rencontré à Zagreb, est arbitrairement emprisonné. Battu, il perd la mémoire. A l’appel de sa sœur Pavlica, nous créons un Comité International pour sa libération. En trois mois, il obtient gain de cause.

2003 : Dernière édition du festival à Manosque. Nous sommes convié.e.s à aller nous faire voir ailleurs. Mobilisation de soutien autour du Comité Quetzal, du nom de l’oiseau qui une fois encagé voit ses ailes ternir et son chant s’éteindre. 

2004 : Un groupe de personnes engagées et qui s’en mêlent, réunies par le projet artistique du festival, fonde l’association Les Instants Vidéo Numériques et Poétiques. En quittant Manosque pour Marseille, nous passons d’une implantation locale à une dynamique nomade internationale, grâce à de nombreuses structures qui proposent d’accueillir une escale du festival. 
Nous recevons 500 propositions artistiques.

2006 : Naïk M’Sili émet l’idée la plus percutante de l’histoire des Instants Vidéo, fonder un festival d’art vidéo en Palestine. Nous y allons, Gaza, Jérusalem, Ramallah.
Nous éditons une histoire de l’art vidéo et de notre festival, Le temps à l’œuvre / F(r)iction par Marc Mercier.

2007 : Aux larmes Planetoyens ! L’ami Gianni Toti est mort le 8 janvier. C’est avec lui que nous avons inventé le mot poélitique.
Création avec Alain Bourges & Richard Skrysak du journal d’information et critique Les Acharnistes.

2009 : Co-fondation, avec la A.M. Qattan Foundation (Mahmoud Abu Hahhash & Nisreen Naffa), et le soutien de Philippe Guiguet Bologne (alors directeur de l’Institut Français de Ramallah) de la 1ere Biennale d’art vidéo et de performance de Palestine, /si:n/.
Nous accompagnons la création du 1er Festival d’art vidéo de Syrie avec l’organisation AllArtNow de Damas (Abir & Nisrine Boukhari). 

2010 : Première Galerie Populaire Ephémère avec la complicité de l’ADPEI (et sa directrice Issma Benkhaled), structure du champ du social, où nous explorons autrement les droits culturels ET poétiques. 
Pays mêlés sera le titre du festival.

2011 : Le printemps venu, les peuples des pays arabes se soulèvent. Nous publions le Manifeste Zutiste appelant tous les artistes à accompagner ces élans du sud d’une révolution des langages. 
Nous participons au 1er festival d’art vidéo du Kirghizstan.

2012 : Célébration de mariages situationnistes et dionysiaques à la Mairie d’Outrance, dans le cadre de la soirée d’ouverture des 25es Instants Vidéo dédiée au peuple grec « coupable » de dettes et à toutes les résistances passionnelles et créatrices.

2013 : Célébration du 50e anniversaire des arts vidéo à Tokyo, Yokohama, Liège, Casablanca, Ramallah et enfin Marseille qui durant un mois deviendra la Capitale Mondiale des arts vidéo et numériques.
Co-fondation du 1er Festival d’art vidéo d’Alexandrie, avec la Bibliotheca Alexandrina, fruit d’une fructueuse et amicale collaboration avec le projet RAMI.

2014 : Festival Pour une libre circulation des corps et des désirs où nous déclarons indiscutable et universel le devoir d’hospitalité.
Accueil de la plus grande exposition d’art vidéo taïwanais, Schizophrenia 2.0, avec la complicité de Pierre Bongiovanni (ex-directeur du Centre International de la Création Vidéo, CICV).

2015 : Notre affiche Tu me voulais vierge, je te voulais moins con est plébiscitée.

2016 : Face aux mesures liberticides et au retour en Europe des délires identitaires, nous décrétons l’État d’Urgence Poétique. La Nuit des arts vidéo, de la performance et de la psychanalyse mobilisera près d’un millier de personnes : on est jamais poète assez !

2017 : Sous le titre Nos désirs font désordre, c’est avec 30 événements sans frontière (Tunisie, Maroc, Palestine, Kirghizistan, Egypte, Argentine, Italie, France…) et de manière totalement indisciplinée (lieux d’art, espaces sociaux, cinéma, web TV…), que nous marquons les 30 ans du Festival.

30 ans que nos désirs font désordre
30 ans que nous forçons les barrages culturels, sociaux et économiques
30 ans que nous dessinons avec les artistes des plans d’évasion
30 ans que nous tissons des réseaux de complicités internationales poétiques et politiques
30 années d’agitations vidéo poélitiques intercontinentales

2018 :  Humains de tous les pays, Caressez-vous ! La 31e édition du festival célèbre les 2000 ans du poète Ovide et les 50 ans de Mai 68, associant plus que jamais le désir de changer la vie (la poésie) et de transformer le monde (le politique).

2019 : Jean-Luc Godard nous confie son film Le livre d’image, film d’ouverture(s) des festivals /si:n/ et des Instants Vidéo célébrant ainsi les noces des trois villes Marseille, Gaza et Ramallah.
Nous co-produisons avec le REF (Réseau Euromed France) le cahier Droits culturels et poétiques autour de la méditerranée, fait de témoignages, analyses, résistances de  Syrie, Algérie, France, Maroc, Egypte, Tunisie, Malte, Libye, Palestine.

2020 : 1100 propositions d’œuvres reçues, issues de plus de 75 pays. 
Le 33e Festival Les Instants Vidéo, dont le titre est Mort la vie te guette !, restera confiné, un festival invisible.
Nous marquons les 10 ans des Galeries populaires éphémères, lors d’une émission sur Radio Galère, en réunissant toutes les parties prenantes à l’action (artistes présentant une oeuvre, usagers et professionnels des structures « non dédiés aux arts contemporains », étudiant.e.s (Master en écritures documentaires), équipe des IV).

Ainsi, depuis 1988, nous avons programmé près de 4600 artistes et environ 7000 œuvres en Europe, Asie, Afrique du Nord, Moyen-Orient, Extrême Orient, Asie Centrale, Amériques du Sud et du Nord. Nous leur devons tout. Nous sommes des passeur.se.s.