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Le festival : les expositions

Le festival : les expositions

Friche la Belle de Mai, Tour 5e étage 41 rue Jobin 3e
du 25 Octobre au 1er Décembre.

Vernissage 25 octobre (18h à 22h)
Mercredi à Vendredi, 14h/19h
Samedi et Dimanche, 13h/19h

Je me soigne, tu te soignes, il se soigne, nous allons mourir (20’ – 2019) / Parya Vatankhah (Iran)
Ce travail est une réaction face à la violence que l’humanité subit et aux difficultés de guérison après des expériences douloureuses. Depuis le nouvel an Iranien, le 21 mars 2019, des pluies diluviennes ont frappé plusieurs régions, provoquant des inondations sans précédent dans plus de 100 villes et villages, amplifiées par la gestion désastreuse des infrastructures et des voies navigables ces dernières années. Le Président Rohani, par la négation complète du problème, illustre le décalage entre les souffrances du peuple et le pouvoir en place, en affirmant de manière irresponsable que « la pluie est un cadeau de dieu, que celui-ci va dédommager ceux qui ont tout perdu ».

 Synchronie (5’15 en boucle – 2018) / Fabrice Pichat (Belgique)
Synchronie montre les effets d’un réglage consistant à faire varier la fréquence de passage d’un objet jusqu’à que celui-ci coïncide avec la fréquence de prise de vue de la caméra. Une définition récente d’artefact, venant du domaine de l’imagerie assistée par ordinateur, est l’apparition d’une erreur, un leurre perceptuel ne provenant pas de l’objet observé mais de la technologie d’observation elle même.

Synchronie (5’15 en boucle – 2018) / Fabrice Pichat (Belgique)

Tombe (avec les mots) (18’ – 2000) / Robert Cahen (France)
Tombe (avec les mots) est une projection classique d’une image verticale encadrée, tel un tableau. Des mots, expressions, lettres, entrent dans le champ visuel, se déplacent lentement et tombent de haut en bas, comme dans une sorte d’apesanteur, ralentis par leur déplacement dans un élément liquide. L’idée du passage une fois encore hante ce travail, mais ici, augmentée d’une émotion particulière et mortifère, émotion contenue déjà dans l’intitulé de l’œuvre “Tombe”.

Marche de la colère (2018) / Brut TV (France)
Bergen à Oslo (7h14’- 2009) / NRK (Norvège)
Le visiteur sera peut-être surpris de se retrouver face à deux émissions de télévision accolées dans une exposition artistique. L’une (Marche de la colère ) est le fruit d’un média (Brut TV) qui diffuse en direct depuis le cœur des événements, comme ici une manifestation à Marseille en novembre 2018 suite à l’effondrement de deux immeubles ayant causé huit morts. L’autre (De Bergen à Oslo) est un voyage méditatif de 7h14 (Slow TV) depuis l’œil d’un train. Un des plus long travelling de l’histoire du cinéma. 
A elles deux, ces œuvres démontrent que la télévision est un des rares dispositifs audiovisuels à sans cesse renouveler ses formes en usant de ses spécificités. La télévision est somptueuse quand elle s’émancipe du cinéma, du théâtre ou de la littérature. L’art vidéo est sa fille débauchée.

Sanctuary (7’ – 2019) / Marcantonio Lunardi (Italie)
Les métiers et l’artisanat traditionnels sont comme une enclave dans le cours de l’Histoire, et c’est précisément cette singularité qui permet de les isoler comme des entités à part. Ce sont des bulles de temps dans lesquelles les mouvements ou les gestes acquièrent une dimension ancestrale. Elles restituent des traditions ancestrales qui ne survivent que grâce aux mains et aux yeux de ceux qui les pratiquent encore. Quelques sanctuaires présentent ces artisans comme s’ils étaient des curiosités, avant leur disparition totale, ultimes représentants de ces traditions.

Sanctuary (7’ – 2019) / Marcantonio Lunardi (Italie)

Les traversants (2017) / Nicolas Clauss (France) Film 7’41 et 37’
Au début il y a les conteneurs, la marchandise et l’échelle démesurée du port du Havre, puis le métal qui trace son sillon dans un tunnel de mer et de ciel. Dans ce tunnel, des gros plans, les regards caméra des marins, traversent. Durant l’automne 2016, la compagnie de transport maritime MARFRET a accueilli Nicolas Clauss en résidence à bord du Marfret Guyane, porteconteneurs de 176 mètres d’une capacité de 1 700 conteneurs, au départ du Havre et à destination de Saint-Martin ; la traversée a duré 10 jours. Ce n’est pas la destination mais le mouvement incessant du navire qui importe, c’est le flux de marchandises, le télescopage des échelles, l’économie globalisée et ces regards singuliers.

Les traversants (2017) / Nicolas Clauss (France)

Worldwild Protests 1979 – 2013 (2’19 – 2013) / John Beieler (USA)
Atlas des soulèvements, mois par mois, dans le monde de 1979 à 2013.

Body All Eyes (14’39 – 2018) / Saara Ekström (Finlande)
Body All Eyes est un requiem pour les vastes cieux dans lesquels les mythes archaïques de voyages à travers le temps et l’espace, entrent en collision avec un monde technologique et pragmatique. Il montre une stratosphère faite d’avions, de drones et de satellites de surveillance omniscients tels des yeux omniprésents – un privilège qui, il fût un temps, n’appartenait qu’aux dieux et à leurs messagers, les oiseaux. Dans ce film tourné avec une pellicule 8mm, le surnaturel, le mécanique, le corporel et le transcendantal se confrontent et se mêlent. Un acrobate masqué, créant un échange performatif entre l’Homme et l’animal, guide le spectateur à travers un torrent d’images vers un monde mystérieux qui ondule en apesanteur entre le ciel et la terre.

Spill (12’34 – 2018) / Grzegorz Stefanski (Pologne – GB)
Spill est une installation vidéo multi-écran qui se concentre sur la fraction de seconde d’inertie qui précède la chute d’un corps humain. Une fraction de seconde que le réalisateur étire pendant une dizaine de secondes. Les images saisissent cet instant de relâchement où le corps perd tout contrôle. L’installation oscille entre film et photographie, inspirant une réflexion sur la signification de la chute dans nos cultures contemporaines où la virilité est une valeur vantée. Elle peut aussi s’interpréter comme une métaphore de l’état du monde actuel où l’on voit tomber des gouvernements, des banques faire faillite, des immeubles s’écrouler ainsi que des systèmes juridiques tout entier.

Space Invader (3’51 – 2018) / Nelio Costa (Brésil) 
Un intrus envahit un territoire sur lequel jouent des enfants. Soudain, ils se mettent à le défier.

The Rebirth of IQHAWE (5’30 – 2017/19) / Nicola Pilkington & Oupa Sibeko (Afrique du Sud) 
Dans sa forme le butô s’opposait fortement à l’influence occidentale du ballet classique et de la danse moderne rnais aussi aux formes artistiques traditionnelles du Japon comme le Nô ou le Kabuki. Cette danse moderne provoqua un véritable choc, surgissant 14 ans après Hiroshima et Nagasaki, 14 ans après le traumatisme de la défaite de 1945 qui fut vécu comme un cataclysme politique, économique, social et culturel.) Le film explore les possibilités d’hybridation de la pratique du mouvement *IQHAWE avec la forme d’un film : fragmenter, coller et re-figurer le corps dans le temps et l’espace pour tenter de saisir l’énergie qui traverse l’expression du corps dansant, comme s’il était composé de cendre et de cristal.
*iQhawe signifie “guerrier” en Sotho, la langue d’origine du danseur Oupa Sibeko. IQHAWE est le personnage auquel Oupa Sibeko donne vie dans chacune de ses danses. 

Inextricable (4’39 – 2008) / Mozhgan ERFANI (Iran / France) 
La vidéo Inextricable présente l’invocation d’un groupe de cinq femmes. Microcosme d’un univers multiple formant un pentagramme qui selon Pythagore symbolise l’harmonie, la beauté et la santé, en opposition totale avec la frénésie destructrice et jouissive de ces cinq femmes-éléments, l’air, la terre, le feu, l’eau et l’esprit. Une hystérie dévastatrice aboutissant à un nouvel éveil perpétuel. Le mot « Khafaqan » qu’elles prononcent en persan signifie suffoquant, oppressant. Le même mot existe aussi en arabe pour désigner le battement du cœur.

Habitat spontané 2 (1’55 – 2017) / Guillaume MARTIAL (France)
L’habitat spontané en Guyane, région et département français d’Amérique du sud, est le nom donné aux abris précaires non officiels créés par les populations pour se loger. Dans une narration visuelle fictive et décalée, l’habitat spontané est détourné par un jeu de voltige. Un personnage-oiseau, inspiré de l’ibis rouge emblématique de la Guyane, explore le territoire naturel et tente de se fabriquer un nouvel espace habitable comme échappatoire à l’urbanisation croissante. L’habitat spontané nouvellement créé se transforme en espace de liberté imaginaire, burlesque et poétique. 

The present Condition (20’20 – 2018) / Albert Merino (Espagne / France)
Les paysages de The Present Condition dérivent d’un voyage de plus de 15 000km par la route que l’artiste a réalisé afin de connecter les deux extrêmes du continent Sud américain. Une atmosphère surréaliste dans laquelle le réel et l’imaginaire se croisent, imprègne la vidéo. L’intimité, le désir, le travail, le capitalisme sauvage qui érige des cathédrales dans le désert, la bureaucratie perverse et la mise en place de frontière sont quelques uns des différents éléments et concepts qui se mélangent dans une éclatante mosaïque visuelle évocatrice. Qu’est-ce qu’un territoire? Que constitue une frontière? Quelles en sont les limites? Comment sont-elles construites et à quelles volontés sont-elles soumises? Cette video de Merino nous donne un sentiment d’étrangeté – une série d’apparente questions isolées et complexes – mais dans le même temps elle nous conduit à nous percevoir comme étant acteurs d’un voyage collectif à travers l’inconnu. 

The Birder (4’ – 2018) / Grace Schwindt (GB)
The Birder s’intéresse à la fragilité dans un monde conduit par la logique capitaliste. Dans une société capitaliste, il est facile d’oublier que les corps sont vulnérables et la mort semble ne pas exister – jusqu’à ce qu’elle arrive. Le film est basé sur une conversation avec l’ornithologue Martin Heubeck, qui travaille dans un phare des îles Shetland et qui surveille la population d’oiseaux marins depuis que l’industrie pétrolière est arrivée aux Shetland à la fin des années 1970.  Le film dépeint le dilemme de cet homme, dont l’amour et l’attachement pour les oiseaux le rendent involontairement acteur d’une industrie qui considère leur corps (mort ou vivant) comme un instrument de mesure de l’efficacité du capitalisme. 

The Birder (4’ – 2018) / Grace Schwindt (GB)

Flame (15′ – 2018) / Sami van Ingen (Finlande)
Un mélodrame fragmenté reposant sur quelques photogrammes abîmés des dernières minutes de la seule bobine qui reste du long métrage Silja – Fallen Asleep When Young (1937) du réalisateur Teuvo Tulio. Toutes les copies et le négatif du film furent détruits en 1959 lorsqu’un incendie a ravagé le studio où ils se trouvaient. Mais une courte séquence issue du milieu du film a été découverte à la Cinémathèque française, à Paris, en 2015.

ADAM & EVE / EVE & ADAM (23’21 – 2017) / Klaus Verscheure & Tom McRae (Belgique / GB)
Cette installation remet en cause le mythe tenace de ce couple idéal à l’origine de toute l’humanité, constitué d’un homme et d’une femme : Adam et Eve. Tous deux servent de modèle pour toutes les familles « normalement » constituées. Mais peut-on se fier aux apparences des sexes physiologiques ? Naissons-nous femme ou homme, ou bien le devenons-nous par choix ou par nécessité ?

La Friche – Salle de la Cartonnerie
Vendredi 8 à Dimanche 10 novembre

Foulée-Refoulé(e)s (2019) / Denis Cartet (France)
Il y a 50 ans l’homme posait le pied sur la lune,
aujourd’hui des hommes n’arrivent pas à poser le pied sur terre.

360 Oranges (14’57 – 2015)/ Naod Lemma (Ethiopie)
Dans une vidéo de propagande diffusée sur les réseaux sociaux, Daech exhibe l’exécution de 30 chrétiens éthiopiens en Libye le 19 avril 2015. Les victimes furent toutes vêtues d’un habit orange. Cette installation vidéo retranscrit une performance où l’artiste explore l’expérience de la torture et tente d’apporter une réponse émotionnelle.

360 Oranges (14’57 – 2015)/ Naod Lemma (Ethiopie)

Do not disturb (2019) / Collectif Ornic’art – Aurore Rey & Rochdy Laribi
Dans un hôtel du centre ville de Marseille, à 200 mètres des immeubles effondrés de la rue d’Aubagne, d’étranges grooms accueillent une clientèle singulière. S’y crée un univers onirique unique, où pourrait se décrypter un instantané de l’inconscient collectif à la veille d’une catastrophe annoncée.
Do Not Disturb est un projet de web série qui questionne les lois de la cinématographie classique, avec un mode de tournage spécialement pensé pour la performance. Une invitation à rêver ensemble d’un futur devenu illisible…

ADPEI, 18 bd Flammarion 1er
du 25 octobre au 29 Novembre  Lundi à Vendredi,
14h/17h,
Vernissage 25 octobre (17h30 à 20h)

Stray Dogs 2 (2019) / François Lejault (France)
Stray Dog 2 est une exploration de lieux où la présence humaine n’est visible que dans ses restes, ses ruines, ses délaissées. Absence aussi du spectaculaire, de l’image choc qui provoque la fuite du regard ou la fascination du pire. Ces lieux vidés de vie humaine sont comme des présages, des signes d’une désertion à venir.
Ces morceaux de vide nous les avons tous les jours sous les yeux. Ils alimentent un imaginaire de fin des temps loin des apocalypses terrifiantes. Et de chaque côté des visages qui regardent vers un lointain indéfini, venu du cinéma qui restera la dernière mé moire avant l’oubli général des corps.
Un glissement chuchoté vers un crépuscule accepté.

Stray Dogs 2 (2019) / François Lejault (France)

Camping sauvage (4’ – 2018) / Christophe Lebon (France)
Jean Louis et Bernadette sont en vacances, ils écoutent la radio et avec eux les 12 jeunes migrants qui les accompagnent.

SARA, 54a rue de Crimée 3e
du 25 octobre au 29 Novembre
Lundi, Jeudi, Vendredi, 13h/16h30
Vernissage 25 octobre (16h à 17h)

Let Me Hear Your Scream (3’46 – 2014) / Ruzan Petrosyan (Arménie)
16 personnes de nationalités et origines ethniques différentes émettent, d’abord séparément puis ensemble, un long cri profond. Pour chacun, c’est peut-être la première fois qu’ils hurlent en public, car les normes sociales nous empêchent d’exprimer ainsi nos émotions. Cependant, dans des situations d’urgence, les filtres sociaux n’ont pas le temps de se mettre en place. Le cri est pourtant ce qui accompagne la plupart des naissances, c’est une libération pour l’enfant et pour la mère. Dans cette œuvre, l’artiste a mélangé les sexes, les générations et les nationalités pour que le cri devienne une possibilité de dialogue.

 Nameless Faces (9’56 – 2019) / rokateater (collectif) (Indonesia)
Nameless Faces veut critiquer et questionner la puissance idéologique de la photographie d’identité. L’existence de la photo d’identité engendre une relation entre le citoyen et l’État institutionnalisée à travers les actes administratifs. La photographie d’identité est un espace de vis-à-vis entre le pouvoir/état et le citoyen. L’histoire de la photographie d’identité fait apparaître une autre histoire qui souligne que l’État surveille et contrôle les citoyens. La photographie d’identité est devenue un moyen idéologique de légitimé une appartenance à un pays, une communauté, ou une preuve juridique de citoyenneté. Les visages enregistrés deviennent la force formelle d’une personne en tant que légitimité de sa propriété. La photographie d’identité est une exigence absolue dans toute démarche administrative. La photographie d’identité est un outil qui place l’individu dans la zone de ” pouvoir “ de l’Etat, en d’autres termes, c’est aussi un moyen de “discipliner” les citoyens.

Hôtel le Ryad 16 rue Sénac de Meilhan, 13001
du 27 octobre au 1er décembre
Tous les jours, 14h/19h
Rencontre 27 octobre, 12h à 14h

30/07/2017 (15h 58’ – 2017) / Eleonora Roaro & Katy Richardson (Italie – GB)
La performance en direct 30/07/2017, réalisée à l’occasion du 10e anniversaire de la mort d’Antonioni et Bergman et diffusée en streaming sur Youtube, est un hommage aux réalisateurs qui s’interrogent sur l’idée de la muse et le rôle du regard (Laura Mulvey, Visual Pleasure and Narrative Cinema, 1975). Deux femmes à deux endroits différents restent devant la caméra du lever au coucher du soleil et ne font rien de toute la journée. Les femmes ne mangent ni ne boivent, ni ne se réconfortent d’aucune façon. L’attente interminable devient épuisante et le déni des besoins humains de base difficile. Les femmes sont dans des environnements domestiques similaires, remplissant des rôles similaires, mais elles ne peuvent pas se voir : elles ne peuvent être vues qu’en direct sur un écran, et seulement lorsque la lumière du jour existe.

UNCUT (3’15 – 2019) / Sebastien Loghman (France)
Scène de ménage entre un homme et sa moitié.

Do not disturb (2019) / Collectif Ornic’art – Aurore Rey & Rochdy Laribi (France)
Dans un hôtel du centre ville de Marseille, à 200 mètres des immeubles effondrés de la rue d’Aubagne, d’étranges grooms accueillent une clientèle singulière. S’y créer un univers onirique unique, où pourrait se décrypter un instantané de l’inconscient collectif à la veille d’une catastrophe annoncée. Do Not Disturb est un projet de web série qui questionne les lois de la cinématographie classique, avec un mode de tournage spécialement pensé pour la performance. Une invitation à rêver ensemble d’un futur devenu illisible…

Do not disturb (2019) / Collectif Ornic’art (France)

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