La ligne éditoriale

« Sois-même comme produit du processus historique qui s’est déroulé et qui a laissé en chacun de nous des traces reçues sans bénéfice d’inventaire. C’est cet inventaire qu’il faut faire en premier lieu. » Antonio Gramsci.
Il s’agit de questionner les multiples cheminements de cet art depuis ses origines à nos jours en tenant compte des facteurs technologiques, esthétiques, culturels et politiques. Ce lien très fort au contexte de la production des œuvres est exprimé par le titre donné à l’événement : « L’art vidéo fut inventé par les enfants de la seconde guerre mondiale, et c’est un art contemporain… des révolutions arabes et de la tragédie grecque ».
Si des hommages seront rendus à certains pionniers (Paik, Vostell, Averty, Godard, Forest, Sambin, Cahen, Viola…) de l’art vidéo, ceux-ci seront mis en regard avec des œuvres d’artistes moins visibles sur la scène internationale de l’art contemporain. Afin d’explorer des vidéographies mal connues, seront aménagés des temps et des espaces intitulés « Terrhistoires des arts vidéo » : Iran, Palestine, Liban, Algérie, Égypte, Islande, Japon, Suisse, Québec…

Un évènement manifestif

Les Instants Vidéo n’ont pas vocation à se faire la vitrine exhaustive de l’histoire de l’art vidéo. Chacun des événements que nous produisons sont autant d’actes posés. Le festival est conçu comme un laboratoire où s’expérimentent des scénographies, des récits, des œuvres, des paroles… Le regard que nous portons sur le passé de l’art vidéo est aussi orienté vers notre présent et le futur. C’est depuis un territoire (Marseille et la Méditerranée) et une époque (la nôtre, celle des révolutions arabes et de la tragédie grecque actuelle) que nous interrogeons une pratique artistique.
C’est pourquoi nous avons invité l’artiste vidéo multimédia Dominik Barbier à créer pour l’occasion une œuvre intitulée : « Moon is the first tv », en référence à une déclaration de Nam June Paik. Œuvre tragique et joyeuse au sein de laquelle des « morceaux choisis » de vidéo auront survécu aux catastrophes guerrières, économiques, mais aussi à l’amnésie généralisée.

Pour marquer cet événement, nous avons aussi sollicité l’un des pionniers français des arts numériques, Michaël Gaumnitz, pour réaliser l’affiche.

Invisible places the Vast White – Marianne Strapatsakis (Greece)
Invisible places the Vast White – Marianne Strapatsakis (Greece)

 

Cartographie de l’évènement

Le public est invité à parcourir plusieurs espaces de la Friche Belle de Mai : un poétineraire en zones humaines sensibles de la Friche reparties en plusieurs quartiers (de lune et de lutte).

Les quartiers exposés (cinq arrondissements) accueillent les installations vidéo deDominik Barbier (Fr), Taysir Batniji (Palestine), Nisrine Boukhari (Syrie), Robert Cahen (Fr), Samar Elbarawy (Egypte), Mounir Fatmi (Maroc), Fred Forest (Fr), Jean-François Guiton (Allemagne), Catherine Ikam et Louis Fléri (Fr), Haleh Jamali (Iran), Fernando Lancellotti (Argentine), Pierre Lobstein (Fr), Raeda Saadeh (Palestine), Kentaro Taki (Japon), Bill Viola (USA), Max Philipp Schmid (Suisse), Toni Mestrovic (Croatie), Kacha Legrand (Fr), Sophie Urbani (Fr), Richard Skryzak (Fr), Marianne Strapatsakis (Grèce), Rocchus Aust (Allemagne), Roland Baladi (Fr), Michele Sambin (Italie), Jean-Pierre Senelier (Fr).
(Du 7 au 30 novembre -Vernissage le 7 à 17h30)

Le quartier historique où se visitent les « A(n)archives de la mémoire d’ici et d’ailleurs, d’hier et maintenant » : Œuvres de Thierry Kuntzel (Fr), Chris Marker (Fr), portails GAMA et 24/25 : accès à 28 archives européennes vidéo et multimédia (France, Pays-Bas, , Suède, Slovénie, Allemagne, Autriche, Suède, République Tchèque) : fiches et documents historiques, références et liens, œuvres (ou extraits).(Du 7 au 11 novembre)

Le quartier des émigrations métisses  pour découvrir « des Terrhistoires des arts vidéos pluriels et singuliers » : consultation de programmations vidéo internationales historiques et récentes : Algérie, Argentine, Belgique, Brésil, Colombie, Cuba, Equateur, France, Grèce, Guatemala, Iran, Islande, Inde, Kirghizstan, Liban, Maroc, Palestine, Pérou, Québec, Suisse… (Du 7 au 17 novembre)

Le quartier des arbres à palabres et son « jardin des théories, des sensibilités et des pratiques » où chaque jour des artistes, des critiques, des commissaires d’exposition débattront avec les publics autour de questions liées à l’archivage, la diffusion, les origines de l’art vidéo, la télévision, les échanges artistiques méditerranéens.(Rendez-vous matinal du 8 au 11 novembre)

Le quartier libre de droit,
carrefour cosmopoétique où se croisent artistes et publics non alignés sur les critères du marché. Projections vidéo (vers le futur).Rencontres Internationales. Performances (mult’immédiates) Rocchus Aust (Allemagne), , Pascal Lièvre (France), Masayuki Kawai (Japon), Michele Sambin (Italie), Nisrine Boukhari (Syrie), Guido’Lu (Belgium). (Du 7 au 11 novembre)

Le quartier d’orange et de zestes, « Espace sensoriel : estaminet, restauration, documentation, débats et ébats à tout va » Ce sont souvent dans ces temps de pause informels que se discutent les sujets les plus pertinents, où se tissent des liens inouïs, où se délient les corps et les paroles.
(Du 7 au 11 novembre)

…et la tête brusquement fatale – Guido’Lu (Belgium)
…et la tête brusquement fatale – Guido’Lu (Belgium)