• behance
  • blogger
  • delicious
  • facebook
  • picasa
  • twitter
  • vimeo
  • zerply
  • mail
Atelier Les Programm’acteurs

Atelier Les Programm’acteurs

Puisque le monde est ainsi fait, nos rêves devront être encore plus têtus.  (Abdelatif Laâbi)

Entre février et juin 2019, des femmes et des hommes d’horizons différents mettent en commun progressivement leurs regards, leurs sensibilités, leurs savoirs et expériences pour construire collectivement une programmation d’art vidéo internationale (à partir d’un corpus d’une quarantaine d’œuvres puisées dans les archives du Festival Les Instants Vidéo). Jouant un rôle actif au cœur de leur cité, ils organiseront un évènement afin de partagerleur sélection avec le public, dans un cinéma de la Ville. 

Le projet Les Programm’acteurs est fondé sur la rencontre entre citoyens vivant sur un même territoire mais qui souvent s’ignorent : des exilés, des jeunes et moins jeunes, des personnes sans emploi ou salariées, en service civique, des travailleurs sociaux, des opérateurs culturels, des personnes en situation de handicap, en situation précaire, des étudiants …

Il s’agit, comme le stipule Patrick Chamoiseau, de « construire des fraternités imprévisibles et transversales. »

Peut-être diront-ils…

Certes, nous n’appartenons pas au milieu des arts et de la culture ; nous n’avons pas le langage approprié ; notre expérience est toute récente. Mais nous revendiquons le droit d’être aujourd’hui devant vous et de défendre nos choix. Nous sommes fiers de notre travail, même si nous pouvons tout à fait comprendre que certains d’entre vous en conteste le résultat. Mais à votre tour, dites pourquoi.

L’art vidéo, le pouvoir de l’imagination

Nous avons tous (plus ou moins) une culture télévisuelle ou cinématographique, nous savons tous exprimer une opinion de type « j’aime » ou « j’aime pas ». Les œuvres d’art vidéo, les formes expérimentales et/ou poétiques sont plus ouvertes à des expériences sensibles et intellectuelles, misant sur l’intelligence de tout un chacun : 

  • les critères d’appréciation de la qualité et de l’intérêt des films ne peuvent pas s’appliquer ; les thématiques, les contenus des œuvres (le fameux “de quoi ça parle ?”) étant étroitement liés à la forme, nous sommes contraints à nous coltiner les images dans leur complexité langagière ;
  • la forme aussi importante que le contenu ce qui permet de ne pas exclure ceux qui ont des difficultés avec la langue; 
  • les œuvres ayant plusieurs entrées, l’un s’attachera au thème, un autre au rythme et aux couleurs, d’autres à des gestes ou à l’originalité du montage…
  • la polysémie des œuvres d’art vidéo (tous les messages ne sont pas explicites) est une invitation à de libres interprétations, à des écoutes réciproques, à des prises de paroles.

Clé de voute, le partenariat

La rencontre entre deux univers professionnels (le social & la culture) ne va pas de soi. Pour inventer une forme inédite de travail en commun, il a fallu se rencontrer, s’apprivoiser les uns les autres, s’écouter, pour qu’au fil des ans et des expériences, s’élaborent un projet tenant compte des désirs et des principes de réalité de tous. Pour mémoire, le projet Programm’acteurs est né de la volonté de plusieurs associations du champ du social d’aller plus loin dans le croisement entre leur association et la nôtre. 

Les quatre associations participantes soutiennent l’implication des travailleurs sociaux tout au long du projet, à savoir 13 professionnels qui participent à l’expérience “au même titre” que leurs “usagers”. 

ADPEI : acteur majeur de l’économie sociale et solidaire qui œuvre depuis 27 ans sur le territoire de Marseille, auprès de personnes en situation de précarité sociale; grâce à quatre dispositifs: une association intermédiaire (insertion par l’activité économique), un lieu d’accueil RSA, l’accompagnement PLIE et un espace numérique Adriatic.

SARA : à pour objectif depuis plus de 20 ans la lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. Son action sociale est large (urgence, hébergement, accompagnement social, professionnel, lutte contre l’isolement…) et s’adresse selon, aux familles, aux personnes demandeurs d’asile, réfugiées, sans abri…A

ARI : vise à tout mettre en oeuvre pour promouvoir et favoriser le soutien à l’intégration des personnes en situation de handicap ou en difficulté. Depuis 30 ans (1985), l’ARI s’organise autour du principe de soutien à l’intégration sociale, scolaire, culturelle et professionnelle avec la nécessaire dimension de soins.M

ANEF : Provence a pour objet en dehors de toute préoccupation politique ou confessionnelle d’œuvrer à la prévention, la protection de l’éducation, la réadaptation, l’insertion sociale et professionnelle de personnes. Le SAAS accueille et accompagne des jeunes de 18 à 27 ans qui sont à la rue.

Instants Vidéo L’atelier Les Programm’acteurs est animé cette année par deux personnes en charge des relations aux publics au sein de l’association, Tiffanie Taveau et Manuela Rössler. Une étudiante en Licence Professionnelle Médiation culturelle de l’art (Université Aix-Marseille), Marie-Anouchka Reynaud, s’est associée à l’expérience .

Une 1ere expérience en 2017

Avec les partenaires ci-dessus, un premier atelier à été mené en 2017, sous le titre de Quand vient l’étranger, empruntée au poète grec Yannis Ritsos. Voici quelquessentiments sur le projet exprimés par les travailleurs sociaux:

  • « Un apport pour les publics ET pour les équipes (cela a été plus long pour les équipes) 
  • Notre public demande des échanges avec le public d’autres structures.
  • Les demandeurs d’asiles ont peu de droits durant leur demande et donc peu d’activités. Ces actions leurs permettent une activité constructive et la découverte du pays d’accueil par les rencontres, la culture, et la liberté d’expression. 
  • Permettre à des sujets jugés difficiles de se débattre. 
  • Je n’aurais jamais cru que ces personnes que j’accompagne sur leurs dossiers administratifs puissent être plus ouverts que moi-même au dialogue sur des œuvres d’art vidéo. 
  • On a cassé l’image que l’on se faisait de notre public.
  • Amène un souffle dans le quotidien car il n’y a aucune contrainte de résultat, tout le monde sort la tête du guidon, cela redonne envie, sourire, énergie.
  • On essaie de faire en sorte qu’il y ait des passerelles avec la société dans son entier. 

et la sélection des programm’acteurs présentée au cinéma Le Gyptis à Marseille.

Eût-elle été criminelle… (2006 – 9’) / Jean-Gabriel Périot (France)(Re)Actions (2015 – 6’42) / Laurie Joly & Parya Vatankhah (France/Iran) Yellow tea cup: refugees at sea (2016 – 2’58) / Cheryl Pagurek (Canada) Going somewhere (2012 – 4’33) / Schachindra Dass (Inde/Finlande) Statement (2012 – 1’59) / Lucia Ahmad (France/Palestine) Ohlala du narratif (1997 – 13’) / Sylvie Laliberté (Québec) Rico in the night (2009 – 9’) / Mohanad Yaqubi (Palestine) Chic Point (Fashion for isreali checkpoints) (2003 – 7’) /Sharif Waked (Palestine)

– réunir des personnes qui ne se rencontrent pas et favoriser les interactions autour d’un projet co-élaboré ensemble, se saisir de l’objet vidéo (artistique) où les images sont traitées de manière inédite, sont détournées, poétisées, créant de nouvelles perspectives de rencontre de l’autre et de soi-même, ne plus subir le flux des images reçues quotidiennement par maints réseaux, mais être en capacité de les analyser, d’en parler pour prendre de la distance avec ses émotions, expérimenter des formes d’appropriation (voir, penser, produire) des images artistiques contemporaines, participer collectivement à la vie culturelle de sa cité, – faire valoir ses droits culturels (liberté d’expression et de créer, exercer son esprit critique publiquement…)

Ce qui nous habite en somme, c’est tenter d’inventer les conditions d’une société ou la diversité est une force, ou faire humanité ensemble est un objectif partagé. 

Image : I choose not to (2’ – 2017) / Jola Kudela aka YOLA (Pologne – GB)

Leave a reply