| Résumé : | Les chemins intimes de la liberté
Je voudrais parler de ces vidéo comme si il s’agissait d’un seul film : s’exercer à mourir pour vivre sans la crainte de la mort. Douze petits “Hara Kiri” délicats, autant que d’heures sur une pendule, pour marcher sereinement avec le temps et ne pas laisser filer le quotidien entre ses doigts.
Le quotidien ce sont des instants insolites qui entrent en conflit avec les habitudes. Quand la vie n’est plus que “…1+1+1+1”, une répétition de gestes qui nous mènent par le bout du nez, alors c’est que déjà nous sommes morts. Résister à cette mort, c’est faire de son corps une fleur qui renaît chaque matin, comme dans “Aus nahen…”. Alors nous devenons végétal, animal, air, eau, feu, objet et nous pouvons dire comme la délicieuse Sylvie Laliberté que “le plus important n’est pas que les instruments soient bien faits, mais qu’ils soient heureux”. Alors nous serons cerf, phoque ou avion; nous inventerons des gestes insolites ou absurdes, pour rien, pour le plaisir : nous clamerons des phrases muettes,
“, … ”.
Nous visiterons la face cachée du monde, l’autre côté de tous les miroirs et même, avec humour, ces “Japanese from behind”. Nous aurons alors la force de briser les faux-semblants qui masquent la réalité comme dans “C125” . Ce programme m’a enchanté. Nous voyons rarement ce genre de films. Si je ne vous avais pas rencontré, cela aurait été pour moi comme si cet art n’existait pas. C’est absurde."
Octave BONTOUX-MAUREL (Romancier)
in Programme 1999 |