| Résumé : | Ma pratique de la vidéo se développe en séries. Depuis 2008, je mène plusieurs séries de vidéos en parallèle. Chacune déploie un langage visuel, sonore et narratif propre. Je les pense comme des zones qui gagneraient en définition lorsque le nombre de leur composantes augmente. Aussi, plus la définition augmente, moins le flou est possible. Ces séries contiennent alors dans leur développement les éléments qui font qu'un jour, elles ne sont plus possibles. Ce processus me permet de parler d'identité(s), de (dé)placements, d'individus, de groupes, de leurs langages et des fantômes qu'ils (se) créent.
J'ai entrepris ce travail en 2008 lorsqu'alors je travaillais au sein du groupe Art3 à l'ÉSADS. J'avais alors participé à une expérience de tournage de 24 heures dans un studio télé. Cette expérience de vie de groupe à été pour moi la première expérience de «filmage». Elle m'a amené à me poser la question de ma place en tant qu'individu dans un groupe, la question d'une éventuelle individualité des images que j'ai enregistrée, les rapports entre ces images et d'autres que j'enregistrerai ultérieurement, la question — du coup — de la matrice, de la série, de l'anticipation de la série. La liste des questions s'allonge et se rétracte au fur et à mesure que j'ajoute des «battements» à la série. Pulsus paradoxus est un terme médical qui désigne une irrégularité dans le rythme cardiaque. Cette irrégularité est un signe de crise. La particularité de ce signe est qu'il n'est observable qu'a posteriori. Quelle est l'utilité d'une telle information ? |